Hier, la journaliste Nadia Madassi s'est retirée de la présentation du journal de Canal Algérie. Depuis quelques jours, il y a un grand chambardement parmis les voix, les visages et les responsables de l’information des médias public algériens.

L'une des manifestations qui secouent l'Algérie depuis quelques jours contre le cinquième mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika
L'une des manifestations qui secouent l'Algérie depuis quelques jours contre le cinquième mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika © AFP / Ryad Kramdi

Hier, la journaliste Nadia Madassi s'est retirée de la présentation du journal de Canal Algérie. Son JT de 19h est l’équivalent de nos puissants 20h. Avant-hier, Nadia Madassi lit à l’antenne de cette chaîne publique francophone, ceci : 

Le lendemain, elle ne démissionne pas, mais décide de ne plus présenter l’actualité. 

Récapitulons

Vendredi 22 février, manifestation fleuve dans les rues d’Alger. 

Samedi 23, démission éclaire de la rédactrice en chef de la chaine 3, radio nationale. Elle s’appelle Meriem Abdou. Elle continuera de présenter son émission L’Histoire en marche, mais refuse d’encadrer une rédaction qu’elle dit bâillonnée. La manif de la veille a en effet été passée sous silence. 

Dimanche 24 : les journalistes des radios publiques adressent une lettre collective à leur directeur

La radio algérienne appartient à tous les Algériens. Notre devoir est de tous les informer

Et ils martèlent : « Nous sommes le service public, non des journalistes étatiques ». 

Dimanche 24, toujours : le directeur de l’information de la chaîne de télé publique ENTV est limogé. Il a effectué toute sa carrière dans cette rédaction. Il était en poste depuis trois mois seulement. Les raisons de son limogeage n’ont pas été communiquées. 

Mardi 26 : la radio publique se met en grève. Et crie sa colère contre la censure au pied des locaux. A l’image, les journalistes se sont scotchés la bouche avec de l’adhésif rouge. 

Jeudi 28 : des cartes de presse venues de tous les horizons organisent un sit-in pour dénoncer les pressions. Une dizaine d’entre eux sont embarqués par la police. Ils scandent : 

Quatrième pouvoir, pas une presse aux ordres !     

Voilà, hier, Nadia Madassi a donc renoncé au JT de Canal Algérie. Comme l’ensemble de ses consœurs et confrères, elle dénonce, par son geste "le traitement exceptionnel et dérogatoire imposé par la hiérarchie au profit du président Bouteflika".  

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