Peter Lindbergh, disparu hier, s'était fait connaître du grand public à travers la publicité - publicité, dont il aura été une incontournable signature produisant des images - affiches, annonces presse et même spots télévisés - infiniment plus diffusés, plus vues, plus mémorisés que ses nombreuses couvertures de Vogue.

Le photographe Peter Lindbergh
Le photographe Peter Lindbergh © AFP / Johannes EISELE

Vous vous souvenez, j’en suis sûre, d’Isabella Rossellini, tournant sur elle-même, visage du parfum Trésor de Lancôme… 

C’était il y a 30 ans. Depuis, Peter Lindbergh a shooté non-stop pour des marques, imposant le grain généreux de son noir et blanc des deux côtés de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, il signe toute la saga des bijoux David Yurman, joailler moins connu en France, mais colossal en Amérique. Les plus grandes top models y ont participé. Le cliché de Kate Moss posant dans l’eau, vous le reconnaîtriez. Avec l’horloger suisse Patek Philippe, Lindbergh raconte, photo après photo, une histoire de père et de fils, donnant un sens au désir d’une montre de luxe, celui de la transmission. 

Ainsi vont les campagnes de Peter Lindbergh rendant plus consensuelles, plus accessibles, plus universelles les maisons haut de gamme, comme Tiffany, Baume & Mercier, Guerlain… Sophie Marceau, à l’aube, cheveux au vent, qui descend les Champs-Elysées déserts… A toutes ces enseignes de luxe, Lindbergh a conféré une forme de sensibilité jamais hautaine, toujours humaine. Ce faisant, il savait, au contraire, magnifier des marques de prêt-à-porter. Rappelez-vous, le repositionnement de Gérard Darel. L’actrice Robin Wright qui pose en 4x3 éclatante de naturel, à 45 ans. Elle n’aurait pas accepté si Peter Lindbergh – ennemi de la retouche, chantre avant-gardiste de la beauté dans toute sa diversité - n’avait signé le cliché.

Pour une actrice, une pub, c’est gros chèque, c’est aussi un risque. Peter Lindbergh, l’homme qui n’abîmait jamais l’image des femmes. Son carnet d’adresses garantissait aux annonceurs l’accès aux égéries les plus disputées. Peter Lindbergh restera d’ailleurs le symbole d’un virage clé de la publicité pour la mode et la beauté des années 90, période où les photographes deviennent aussi importants, médiatiquement, que les stars qui représentent les marques. Lorsque Dior choisit Marion Cotillard pour incarner son sac Lady Dior, la maison annonce une campagne Marion Cotillard PAR Peter Lindbergh. C’est la rencontre des deux personnalités qui fait parler. L’actrice shootée dans la Tour Eiffel, il est très joli à revoir aujourd’hui.    

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