Les Danois se déchirent on ne peut plus sérieusement au sujet d’un pénis, d’un très gros pénis…Nous, on dit un « zizi », les Danois disent un « Willy ». Eh bien, John Dillermand a « le plus gros Willy du monde ». Le plus long, pour être précise, je suis allée vérifier.

Capture écran de John Dillermand
Capture écran de John Dillermand © DRTV

Une sorte de télescope qui n’en finit plus de s’allonger. Ça lui rend moult services. Eteindre un barbecue à distance ou encore, s’accrocher une saucisse loin devant les chiens qu’il entend faire courir. Souriez si vous voulez, mais ce n’est pas tous les jours facile d’assumer un tel engin lorsqu’on est le héros d’un programme pour enfants diffusé sur une chaîne publique. 

Sacré John Dillermand… Des épisodes de cinq minutes en stop motion, technique qui a permis, par exemple, « Wallace et Gromit ». Imaginez un Danemark acidulé et résidentiel, fait de maisons de poupées et de personnages animés très comiques, mais très soignés. Un luxe de détails accompagne l’épopée imaginaire de ce monsieur au sexe immensément grand. C’est très réussi visuellement. 

Les parents en sont tombés à la renverse se demandant où était la pédagogie là-dedans

Les féministes se sont demandées, elles, pourquoi les gosses devraient avoir pour modèle un… pénis ! Bref, le débat public s’est enflammé jusqu’à ce qu’un pasteur siffle la fin de la récré en publiant une remarquable tribune dans la presse, en soutien à John Dillermand, cet anti-héros fantasque, tout le temps ridiculisé et, malgré le jeu sur son long zizi, complètement désexualisé. 

Ce petit bonhomme ressemble à une figure de cirque des années 20, avec une fine moustache et un maillot de corps rayé rouge et blanc. Son organe, lorsqu’il le déroule devant lui, n’est qu’une longue queue, elle aussi tout de blanc et rouge rayée, donc déréalisée. 

Rien de graveleux. Aucune ambiguïté. John Dillermand se sert de son engin comme « Inspecteur Gagdet » de son corps augmenté, à ceci près que le John Dillermand rate tout ce qu’il entreprend. Ce qui fait bien rire les enfants. 

Par ailleurs, difficile d’amorcer un procès d’intention aux Danois dont l’animation s’avère sans doute l’une des plus matures au monde, en matière de réflexion sur la représentation. Interrogation sur le genre, éducation sexuelle pour les petits, prévention de la pédophilie, les Danois n’ont aucun problème à montrer littéralement à la télé ce que nos chaines oseraient à peine suggérer.

John Dillermand n’a donc pas pour fonction d’élaborer un discours sur la sexualité, mais plutôt de renouveler un registre, le burlesque, en questionnant le masculin par l’absurde. Pourquoi pas ? 

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