Sur les réseaux sociaux, passe d'armes depuis six jours entre le Printemps Républicain et des journalistes américains.

Le Printemps Républicain est une association visant, selon ses termes, « à promouvoir la laïcité dans le paysage politique français ». L’affaire commence par un article du New York Times : « L’étudiante qui fait fulminer les laïcs de France », sur la porte-parole voilée de l’UNEF. C’est signé Aida Alami, journaliste free-lance, ayant grandi à Marrakech et étudié le journalisme à la Columbia University. Elle écrit aussi pour le Financial Times et USA Today. 

Laurent Bouvet, fondateur du Printemps Républicain, s’emporte alors sur Facebook : « Les médias anglais et américain usent toujours du même angle (…) La France est un pays islamophobe qui ne comprend rien à la (vraie) liberté religieuse, celle pratiquée dans les pays anglo-saxons ». Evidemment, tous les articles se discutent. Ceux du New-York Times pas moins que les autres. Mais, Laurent Bouvet, change de registre en mettant des guillemets au mot « journaliste », accolé à Aida Alami. Genre, « journaliste, mon œil ». 

Réaction, sur Twitter, de James McAuley, du Washington Post. « Nous, correspondants à l’étranger, nous avons tous écrit le même article » sur la porte-parole de l’UNEF. « Vous n’attaquez que la crédibilité de ma collègue du New York Times. Sous-entendant, le Printemps Républicain cible délibérément une femme arabe. Réponse de Laurent Bouvet « Le militantisme ne peut s’abriter derrière le statut de journaliste. C’est elle qui devrait me présenter des excuses ». 

Voici ce qu’Aida Alami fini par tweeter : « Ai couvert les révolutions arabes. Ai été en reportage dans plus de 10 pays. Il n’est pas une seule de mes histoires qui ait suscité autant de colère que celle-ci. J’encourage les conversations civilisées sur le sujet ». De quoi relancer immédiatement le débat culturel, idéologique et journalistique entre les deux rives de l’Atlantique.         

Ce n’est pas la première fois. Il y a eu un précédent, en 2016, avec une enquête du New York Times, parue après la polémique burkini : « Regards changés et langues déliées. Des musulmanes évoquent l’Europe d’aujourd’hui ». Manuel Valls, proche du Printemps républicain, attaqua le papier dans une tribune du Huffington Post. Du jamais vu : il était premier ministre en exercice. La rédactrice en chef du New York Times dût signer un édito pour défendre son journal. A Paris, on oublie. A New-York, on s’en souvient bien. 

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