Après la déferlante d'hommages à l'acteur qui jouait Dylan dans "Beverly Hills", Sonia Devillers a décidé de "venger Mona".

Katherine Helmond, alias Mona Robinson
Katherine Helmond, alias Mona Robinson © Getty / ABC Photo Archives/ABC

Parce que Mona est un personnage phare de la télévision des années 80. Parce que, Katherine Helmond, qui l’interprétait, est morte elle aussi cette semaine mais qu'on n’en a beaucoup moins parlée. Du Dylan de « Beverly Hills » il ne reste rien, sinon l’émoi de nos 16 ans. C’est précieux l’émoi, ça ne vieillit pas. La figure de Dylan, elle, on s’en cogne. Un beau gosse fragile et ténébreux. Il y en eut avant et après. Pas Mona, la pionnière. Elle a tout inventé d’un rôle de femme qui n’existait guère. 

Mona Robinson est la grand-mère délurée de Madame est servie, succès colossal de la chaîne ABC, vu principalement sur M6 ici. Elle élève seule sa fille, devenue une « working girl » typique des années Reagan élevant à son tour seule son petit garçon. La grand-mère recrute alors Tony, ancien boxeur qui fuit les bas-fonds de Brooklyn pour offrir un avenir meilleur à sa gamine. Tony devient l’homme à tout faire de « Madame ». Excellent canevas de comédie ? Pas seulement.

Ainsi va Mona, elle ne renverse pas les rôles, elle remet les genres à égalité, avec un humour tonitruant que le public, présent pendant les tournages, applaudit à tout rompre. Mona, figure féminine qui ne se distingue ni par son mariage, ni par sa lignée, ni par son fric, l’argent conférant aux femmes le pouvoir d’une paire de testicules dans beaucoup de séries. Des attributs masculins qui ne sont pas les siens, Mona, n’en veut pas. Sa carte d’identité ? Une sacrée paire de seins la soixantaine bien tassée. 

Elle a passé l’âge, Mona, de faire semblant. Elle charme, elle batifole. En fait, elle ne pense qu’à ça. On était en 1984. A la télé, un tabou venait d’être pulvérisé : la sexualité d’une femme ménopausée. Et encore, si ce personnage compte autant, c’est que ce sexe-là demeure caché. La plus grande zone d’ombre de la fiction télévisée. Mona l’avait rendu joyeux et pailleté. 

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