Bernard Arnault, première fortune française et patron du groupe de luxe LVMH, multiplie les rachats dans les médias…

Bernard Arnault, PDG de LVMH
Bernard Arnault, PDG de LVMH © AFP / ERIC PIERMONT

Claude Perdriel, industriel et amoureux des journaux, vieux monsieur aujourd’hui, poursuit la mise en ordre de ses affaires. Il fait entrer LVMH au capital de l’hebdomadaire Challenges, ainsi qu’à ceux de L'Histoire et Historia. En claire, Perdriel cherche de l’argent frais, Bernard Arnault le lui apporte contre 40% de ses parts. L’occasion de faire le point sur la façon dont LVMH, maison mère de Dior et Vuitton, a – l’air de rien -  constitué un groupe de presse qui pèse désormais.

L’affaire commença en 1993 avec les acquisitions du magazine Investir et d’un quotidien économique encore influent à l’époque, La Tribune. L’affaire se corsa en 2007, lorsque LVMH racheta l’autre quotidien économique français, le plus lu, Les Echos… en se débarrassant de La Tribune. Non sans avoir affronté, avec mépris, des grèves, des pétitions d’économistes et d’intellectuels protestant : mais comment la France, puissance économique de premier plan, peut-elle posséder si peu de presse économique et surtout, la laisser entièrement aux mains du grand capital ?

C’est une vieille histoire

LVMH a continué sa route avec ses champagnes et Dominique Seux, s’offrant en 1999 Radio Classique, qui fait rimer arpège et CAC 40, puis en 2000, Connaissance des arts. LVMH possédait alors de belles maisons d’enchères et Bernard Arnault était déjà un collectionneur. Enfin, surprise - jusqu’à présent le géant du luxe ciblaient les médias en fonction de ses pôles d’intérêts - LVMH prit le contrôle du Parisien-Aujourd’hui en France, quotidien populaire. C’était en 2015. 

Aujourd’hui, les comptes sont dans le rouge et le milliardaire ne prétend pas remettre au pot éternellement. Le directeur de la rédaction vient d’être débarqué. On parle de « transformation numérique » du journal. Les équipes assistent surtout à une reprise en main sévère de l’actionnaire.

Enfin, il y a la bataille Lagardère

Un feuilleton très marrant qui voit s’entredéchirer un héritier en difficulté, Arnaud Lagardère, deux milliardaires âpres en affaire, Bernard Arnault et Vincent Bolloré, et un ancien président de la République qui tire les ficelles, c’est divertissant, Nicolas Sarkozy. 

Or, au cœur du groupe Lagardère, nichent trois médias : Europe 1, Paris Match et le Journal du Dimanche. Bolloré veut la radio. Et si Bernard Arnault récupérait les journaux ? Ça aurait du sens. La première fortune de France patronne de presse ? C’est en train de se faire.

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