Le footballeur Franck Ribéry attablé devant une pièce de viande nappée d’or… Voilà qui a beaucoup occupé le week-end…

Franck Ribéry dégustant sa côte de bœuf recouverte d'or (capture d'écran du comtpe Instagram du restaurateur, @Nusr-Et)
Franck Ribéry dégustant sa côte de bœuf recouverte d'or (capture d'écran du comtpe Instagram du restaurateur, @Nusr-Et)

Je vous passe le déluge de critiques sur l’indécence de la bidoche « en or qui brille » et la rafale d’insultes proférées par le footeux qui voulait juste « déjeuner en paix » (au point que son club, le Bayern de Munich, lui inflige une lourde amende). 

Plus intéressant : pourquoi une telle ampleur sur les réseaux sociaux ? 

Et, ce qui sous-tend : la kyrielle d’articles sur cette côte de bœuf à 1200 euros. 

D’abord, sachez que le boucher, propriétaire du « steack house » de Dubaï dans lequel s’attablait Ribéry n’est autre que le Turc Nusret Gökçe, le Don Diego de la Vega de la barbaque. Catogan, muscles saillants, tee-shirt moulant et lunettes noires. Ses vidéos, ultra sexualisées, où il gifle la viande crue avant de la préparer, où il tranche à la pointe de son épée, où il sale d’un geste « flamencanesque » lui valent le surnom de « Salt Bae », 19 millions d’abonnés sur Instagram. On réserve des semaines, voire des mois à l’avance, son couvert dans ses restaurants où se ruent toutes les stars. Avec vidéos et buzz à l’appui, vue la surface numérique du propriétaire. 

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Vous vous souvenez de la polémique au mois de septembre : Nicolas Maduro, président du Venezuela, accusé d’avoir dîné dans un établissement hors de prix quand son peuple meurt littéralement de faim ? C’était chez Salt Bae où nul, donc, ne peut demeurer discret. Sauf qu’un chef d’État a des comptes à rendre. Pas un footballeur qui fait ce qu’il veut de son fric. 

Néanmoins, dans cette histoire, il y a deux ingrédients médiatiquement inflammables en France. 

  1. la viande 
  2. l’argent des footballeurs. 

Pas n’importe lesquels, hein. Quand Lionel Messi ou Maradona bouffent chez Salt Bae, pas d’alerte. Mais ceux, marqués du sceau infamant de ce qu’un journaliste appelle chez nous « le racaille football club », ces gars issus des quartiers dont on voudrait qu’ils soient autre chose que ce qu’ils sont et, surtout, qu’ils baissent les yeux de s’être enrichis. 

Enfin, j’ose une théorie : et si la fureur provoquée par cette entrecôte dorée, devant laquelle Franck Ribéry s’est prosterné, l’avait été par le réveil d’une image biblique ? Le veau d’or, symbole de l’idolâtrie, de l’outrage fait à Dieu.   

Correctif : contrairement à ce qui a été dit à l'antenne, le prix de la côte de bœuf n'est pas de 1200€, mais de 1200 dirhams emiratis. 

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