Twitter et Facebook ont pris cette nuit des mesures historiques pour endiguer les appels à l’insurrection.

Le compte twitter de Donald Trump
Le compte twitter de Donald Trump © AFP

Twitter aura été moteur, Léa, dans cette déferlante qui fut à la fois physique mais aussi numérique. Les messages prônant la violence ou de nature à échauffer les esprits ont été rapidement circonscrits de même que la fameuse vidéo du président Trump demandant aux manifestants de rentrer chez eux, sans jamais condamner leurs agissements ni rétropédaler sur le mythe de l’élection volée. Twitter a supprimé la possibilité de « liker » ces messages et de les retweeter tels quels. Impossible d’y apporter adhésion et impossible de les partager, de les dupliquer, à moins d’y ajouter du commentaire. 

A une heure du matin, Twitter décide de bloquer le compte aux 88 millions d’abonnés. Cela signifie – c’est important de le préciser – que le fil Twitter de Donald Trump demeure visible du grand public, mais que lui-même n’y a plus accès. C’est un bâillon, pas un effacement. Trump ne peut ni modifier les posts existants, ni continuer d’alimenter sa vindicte virtuelle. 12 heures d’interdiction quoiqu’il arrive – une mesure historique que le réseau social promet de proroger si le 45ème président américain ne supprime pas les tweets incriminés. 

YouTube, filiale de Google, et Facebook, ont eux-aussi retiré de leurs écrans la déclaration filmée du président, agissant dans le cadre de ce qu’ils ont qualifié eux-mêmes de « mesures d’urgence ». Facebook a fini par suivre Twitter, suspendant la page Facebook de Donald Trump pour 24 heures. Suspension qui s’applique à une autre application de Facebook, j’ai nommé Instagram. 

Si l’on devait tirer un bilan de la gestion de cette élection par les géants du web, rappelons que Twitter a fermé le robinet à publicités politiques dès 2019. Twitter, qui avait été critiqué pour son laxisme en 2016, n’a pas hésité à entamer un bras de fer avec Donald Trump. Une kyrielle de messages du président au sujet de l’élection ont été ainsi épinglés d’avertissements, mettant en doute la véracité des propos et proposant des liens pour s’informer sur le scrutin. Le serrage de vis a été plus tardif sur Facebook. Il aura fallu une missive de Joe Biden très en colère, accusant Facebook d’être le principal vecteur de dé-légitimation du vote pour que celui-ci commence par interdire  les publicités qualifiant le vote de «  frauduleux ». Puis, voyant son règlement encore trop permissif, Facebook a interdit de toute publicité politique après la fermeture des bureaux de vote, le 3 novembre au soir. C’est à ce moment qu’on craignait, souvenez-vous, une insurrection.

La listes de ces mesures n’empêchent pas la critique à l’endroit des plates-formes, notamment Facebook, où tant de groupes activement complotistes se font formés. En outre, d’autres réseaux sociaux, nettement moins observés et régulés se sont taillés la part du lion ces derniers mois, servant de refuges à une extrême droite. Parler.com, par exemple accessible dans le monde entier, dont Marion Maréchal Le Pen fait, chez nous, activement la promo pour, je cite « échapper à la censure sur Twitter ». 

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