Le piratage baisse depuis dix ans en France. En revanche, les matchs de foot le sont de plus en plus.

Les matchs des foot sont parmi les programmes télévisuels les plus piratés
Les matchs des foot sont parmi les programmes télévisuels les plus piratés © Getty / Felix Fernandez Gonzalez

Février 2017, finale de la Ligue des Champions. Match aller. Le PSG atomise le Barça. 4-0 pour Paris, c’est le score. 1, 6 millions de téléspectateurs sur Bein, c’est l’audience. 332 000 visionnages en streaming : c’est le piratage. Un cinquième de l’audience globale. 

Tout le monde s’arrache les chiffres du piratage côté cinéma et séries. On oublie ceux du sport. Les données publiées par le CNC, Médiamétrie et l’Association de lutte contre la piraterie sont pourtant édifiantes. 

C’est le grand pillage footballistique : les matchs du championnat de France et ceux du PSG, en compétition internationale, particulièrement. Le PSG, star incontestée du sport piraté. Bon, ça s’explique assez bien. Qui aime le ballon rond doit désormais être abonné à Canal+, à SFR Sport et à Bein. Sans compter qu'un nouveau groupe vient d’entrer dans le jeu et promet de créer une encore chaine d’ici deux ans, donc peut-être un nouvel abonnement. On comprend que les afficionados cherchent des contournements.

Une vingtaine de sites spécialisés détournent à eux-seuls 80% du marché. Je me suis rendue sur l’un des plus populaires, l’espagnol Rojadirectas. En matière de foot français, on y dégote quantité de liens venus d’autres continents aux bassins d’audience gigantesque, ce qui démultiplie le nombre de pirates potentiels. 

Bon, vous vous demandez sûrement pourquoi les géants de l’audiovisuel -  qui allongeront bientôt un milliard d’euros par an pour diffuser le championnat français – n’obtiennent pas la fermeture de ces sites. Moi aussi. Peut-être que c’est un calcul. Qu’à terme, les gens en auront marre de voir des images de mauvaises qualités dans des langues qu’ils ne comprennent pas. 

Il y a vingt ans, les ados regardaient du foot à travers une passoire sur Canal+ en crypté, en récupérant le son sur RMC. Mais, il y avait une minute de décalage entre la radio et la télé. Quant à la passoire, même pour le porno, ça n’a jamais marché. En grandissant, ils ont fini par s’abonner.  

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