Samedi, le public n’a pas pu assister aux audiences du Palais de Justice de Paris

Les journalistes ne peuvent pas circuler dans le nouveau palais de justice de Paris ni même accéder à leurs bureaux
Les journalistes ne peuvent pas circuler dans le nouveau palais de justice de Paris ni même accéder à leurs bureaux © Radio France / Jean-Philippe Deniau

L’affaire est grave. Le nouveau Palais de Justice prend des allures de bunker, doté de mesures de sécurité inédites. Fouilles, portiques et policiers patrouillant à tous les étages avec arme au poing. Un dispositif que nul ne songe à remettre en question. 

Reste que le week-end, il n’y a pas, manifestement, les moyens de le maintenir. Décision, donc : exit le public. Du jamais vu. La publicité d’un procès, le fait que n’importe quel citoyen puisse en être témoin, est chose inscrite dans la loi. Il se peut donc que la défense fasse appel de tous les jugements rendus samedi à Paris en comparution immédiate. Et il se peut que, faute de public, la Cour de Cassation leur donne raison. 

En quoi les médias sont-ils concernés par ces mesures ? 

Depuis l’ouverture du bâtiment, les journalistes n’ont pas reçu leur badge. Ils ne peuvent pas circuler dans le Palais. Ils n’ont même pas accès aux bureaux qui leurs sont réservés. Ça vaut pour l’Association de la presse judiciaire. Comme pour l’agence France Presse qui affecte 5 journalistes sur place pour couvrir les procès. 

En semaine, ils peuvent se glisser avec le public. Mais le week-end, plus de public, donc plus de journaliste. Surréaliste. Pourquoi ? Parce que la présence de la presse à une audience, ce n’est pas le star-système que vous imaginez. Ce n’est pas brosser l’ego des ténors du barreau qui se pavanent devant les caméras et se contemplent dans les journaux. Non.

Ce n’est pas non plus le récit folklorique d’un petit théâtre humain

Non. Une chronique judiciaire, c’est la garantie que ceux qui connaissent le système et qui ont les moyens de parler pourront le faire. C’est la promesse de voir s’étaler au grand jour les béances d’une instruction, les petitesses d’un juge, les coups bas d’un avocat, les dérives d’une machine qui broie, parfois, au nom de la loi. On appelle cela un contre-pouvoir. Un Palais de Justice qui se barricade, c’est un déni de démocratie.

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