Aux Etats-Unis, la radio publique changeait hier l’habillage de sa matinale pour la première fois depuis 40 ans !

Changement chez NPR
Changement chez NPR © Getty / Max Oppenheim

Emoi ! Avant même le démarrage de l’antenne, tweets supplicateurs d’auditeurs pour que la révolution sonore n’ait pas lieu. Je vous parle d’une institution, la « morning edition » de la NPR, radio publique dont le fonctionnement est bien différent du nôtre. NPR vend, en réalité, ses programmes à une foultitude de stations locales sur le territoire. 

La signature sonore de sa matinale, utilisée depuis le 5 novembre 1979, est très inattendue pour un programme supposé réveiller son public : cool, jazzy… composé par BJ Leiderman, un musicien très mariol qui, un jour, proposa des paroles à son fameux morceau. Ça disait, en gros, « non mais pitié, laissez-moi me rendormir »… 

Plus sérieusement, toute en sobriété et dépouillement, NPR rompait avec les gimmicks sonores des stations privées américaines qui ont inventé le jingle braillard et martelé. En outre, la radio publique ne fait pas le même usage que nous de son habillage. La matinale en diffuse de longs extraits, 30 secondes par exemple à la sortie d’une interview. Ce sont des respirations musicales qui reposent l’oreille… jusqu’à ce qu’une belle voix se pose dessus pour annoncer la suite du programme. 

Hier, changement radical. Un peu comme si on était passé du générique de « Madame est servie » à celui d’une série médicale, genre « Urgences ». On sent que les indicatifs de chaînes d’info (beaucoup plus regardées aux Etats-Unis le matin que chez nous) donnent le ton… 

On notera toutefois que ce thème semble aussi impersonnel que le précédent. L’attachement de l’auditeur américain sera plutôt dû à l’habitude qu’à une forte identification. Sinon, cette nouvelle composition s’avère bien plus moderne mais reste un poil ringarde quand même. Comme si, en étant déjà un peu vieillotte, elle allait vieillir moins vite. D’ailleurs, le boss de la NPR a précisé, très sérieusement, au New York Times que « ce changement d’habillage n’était pas une décision à prendre à la légère » et qu’il espérait la nouvelle mouture « à l’antenne pour les 50 prochaines années ».  

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