Vivendi a revendu ses dernières actions dans l'entreprise de jeux vidéos Ubisoft. En clair, "Les Lapins Crétins" se sont débarrassés de Vincent Bolloré.

Capture d'écran tirée du compte Instagram officiel @lapinscretins
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Habitué à des raids d’une extrême agressivité sur des entreprises qu’il entend avaler, Vincent Bolloré est tombé sur plus bretons et plus têtus que lui : les cinq frères Guillemot, originaires du Morbihan. Bolloré lui, est nantais. En devenant l’actionnaire majoritaire de Vivendi, maison mère de Canal+ et Universal Music, l’homme d’affaires se voyait grossir dans les jeux vidéo. Il cible alors l’éditeur indépendant français Ubisoft, le bébé des frères Guillemot. Il entre au capital sans demander l’avis des fondateurs et croque tout cru leur division de jeux pour smartphone. Façon pour Bolloré de montrer aux Guillemot combien il est déterminé et… menaçant. 

En bons Armoricains, les Guillemot ne lâchent rien. Ils organisent la riposte et communiquent sans relâche pendant 3 ans. En nous faisant le coup du village gaulois. Ne tombons pas non plus dans les pièges du storytelling. Ubisoft n’est pas un nabot face à l’empire du mal. Il est lui-même devenu un géant : siège à Rennes, studios implantés dans 30 pays, 14 000 salariés. Assassin’s Creed, c’est eux. Rayman, c’est eux. Lapins Crétins, c’est encore eux. Ils valent plus de sept milliards d’euros. N’empêche, Vivendi en pèse plus de 30 mais… a fini par abdiquer. Bolloré s’est fait bouter hors de chez les Bretons. Un comble. 

Mais là aussi, halte au simplisme. Même si Vivendi n’a pas réussi à bouffer les Lapins Crétins, revendre ses actions Ubisoft lui a rapporté une coquette plus-value : 1,2 milliard d’euros. Et ça, pour Vincent Bolloré, ça s’appelle une victoire. 

En outre, l’opération aura réussi aux Guillemot. Plus Vivendi s’est intéressé à eux, plus ça a fait monter, à l’époque, la valeur de leur entreprise. Bolloré fut ainsi pris à son propre piège. Une OPA hostile lancée contre cette boite aurait fini par coûter des fortunes à Vivendi. Qui a préféré s’en débarrasser. 

Depuis, les frères fondateurs ont fait entrer deux nouveaux actionnaires au capital d’Ubisoft, des alliés, cette fois-ci. Quant à Vincent Bolloré, reste à savoir où, avec son gros milliard empoché, il va recommencer à frapper. 

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Ceci n'est PAS un animal fantastique !

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