La couronne britannique fait-elle pression sur les médias américains pour étouffer l'affaire de mœurs qui éclabousse le prince Andrew ?

Le Prince Andrew
Le Prince Andrew © AFP / John Thys

C’est ce que prétend une présentatrice de la grande chaîne américaine ABC. Elle s’appelle Amy Robach, on la voit dans la matinale Good Morning America, et le vendredi soir dans son show 20/20. Deux heures hebdomadaires de scoops et de faits divers. Elle se targue d’avoir eu, il y a quinze jours, l’unique interview du fils de Joe Biden, ancien vice-président américain, au cœur de la procédure de destitution lancée contre Donald Trump. 

Bref, super pro et pugnace, la Amy Robach. Or, elle révèle cette semaine qu’en 2015 sa propre chaîne l’a censurée. Elle avait recueilli un témoignage choc. Celui de Virginia Roberts, abusée sexuellement lorsqu’elle était mineure par le millionnaire américain Jeffrey Epstein ainsi que par l’un de ses proches, le prince Andrew. L’affaire a éclaté au grand jour depuis. Incarcéré, Jeffrey Epstein s’est suicidé en prison début août. « Dès 2015, on avait tout, des noms, des photos, on l’avait même convaincue de parler », peste Amy Robach. « Je suis tellement dégoûtée et chaque jour un peu plus parce que ce qu’on avait il y a trois ans était incroyable ». 

Coup de gueule confié au site conservateur Project Veritas qui flirte parfois avec les théories du complot. Or, elles sont nombreuses sur les non-dits de l’affaire Epstein. Toutefois, les propos d’Amy Robach ont été immédiatement repris par le « Guardian » et la BBC. Car la journaliste accuse le Palais de Buckingham d’avoir menacé sa chaîne de rétorsion si pareille enquête mouillant un prince était diffusée. ABC aurait craint, à l’époque, ne plus pouvoir interviewer les très glamours William et Kate. 

Faux et archi-faux se défend ABC : "Nous n’avons pas retenu le sujet car l’enquête n’était pas assez solide". L’épisode rappelle l’affaire Weinstein, du nom de ce magnat d’Hollywood accusé de viol. Ronan Farrrow, journaliste qui a dévoilé le scandale dans la presse écrite et reçu un prix Pulitzer, a raconté ensuite que NBC, l’autre grande chaîne américaine, l’avait lui aussi découragé d’enquêter. Peur des représailles. Du côté de la couronne d’Angleterre, on réfute toute forme de pression. Toutefois, l’oxygène se raréfie autour du prince Andrew qui doit marier sa fille, prochainement… devant les caméras du monde entier.  

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