Face à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron sort le grand jeu. Pourquoi ? Parce que, d’abord, la main sur le cœur, notre président de la République a changé.

Vendredi soir, en public, il a déclaré : « Ce dont je suis PLUS convaincu qu'il y a quelques mois ou quelques années, c'est que la fonction de journaliste est indispensable dans la société ». Oui, oui, il a vraiment dit ça : il ne pointe guère les dérives de notre métier. Non, il assume sans détour avoir pensé un jour qu’on pouvait s’en passer. Bref, c’est dire combien nous, cartes de presse, revenons de loin… 

Enfin, « nous » pas tout à fait. Certains d’entre nous. Une nouvelle estime ciblée et intéressée

Le premier débat sur les retraites jeudi à Rodez, face à 500 abonnés des journaux de La Dépêche du midi. Soirée animée par Olivier Biscaye, le rédacteur en chef du Midi libre et questions sélectionnées partout en France par des quotidiens régionaux. Le lendemain, direction Clermont-Ferrand. Emmanuel Macron au centenaire du journal La Montagne où il a affirmé : « Repères sûrs, rituels, relais de confiance : La presse régionale concourt au bien public ». 

Quelle évolution depuis le mois de mai, lorsque 5 jours avant le vote européen, il accordait de but en blanc une interview collective aux quotidiens régionaux, priés de faire relire leur retranscription avant publication. Refus net de La Voix du Nord et du Télégramme, ce dernier faisant savoir qu’il appréciait moyennement cette convocation in extremis alors que l’Elysée faisait peu de cas de cette presse-là depuis le début du mandat. 

Mais voici qu’elle va lui devenir indispensable

Qui, sinon, les journalistes de la presse locale, vont couvrir, sur le terrain, les prochaines campagnes municipales ? Terminé les Européennes, les interviews à CNN, le G7 et la couv du Time Magazine. Cap sur le scrutin de mars prochain, sacré enjeu pour La République en marche. De la proximité ! A la presse quotidienne régionale – 66 titres sur le territoire et un Ouest-France plus imprimé que n’importe quel canard national – on assure, donc, qu’elle est un « irremplaçable tisseur de liens ».   

Et pour mieux valoriser ses interlocuteurs, Emmanuel Macron ne peut s’empêcher de préciser : « Je fais une distinction entre la presse régionale et nationale. L’ancrage territorial donne un autre regard et permet de maintenir une confiance transpartisane ». Tiens donc, vous prendrez bien une petite dose de soupçon concernant ces médias nationaux dits « partisans »… 

Il a changé, le président ? Pas sûr

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.