Retour sur le bal du Metropolitan Museum à New York, dont les images ont fait le tour du monde.

Cardi B en menstruations
Cardi B en menstruations © Getty / Rabbani and Solimene Photography

On les a découvertes hier matin, au réveil. Cette soirée de charité est l’incontournable événement mondain de la côté Est. Toutes les stars américaines s’y pressent depuis sa création, en 1948, montant les marches dans d’extravagantes tenues. Et ce, d’autant que le thème vestimentaire imposé aux invités est dicté par l’exposition que propose à la même date le département « costume » du vénérable musée. 

La saison dernière, ça tournait autour du vêtement sacré. La chanteuse Rihanna y était apparue chapeautée d’une somptueuse coiffe papale. Cette année, le thème, intraduisible en français, est le « camp », une exubérance, qui joue avec le travestissement, court-circuite les genres et s’ancre dans la culture gay. L’acteur Jared Leto portait donc une robe rouge et la reproduction de sa tête sous le bras. Hommage au théâtre élisabéthain où les hommes se grimaient en femmes. Kate Perry est venue un lustre en cristal sur la tête. Lady Gaga, habillée d’une phénoménale robe bouffante rose, a été effeuillée par une kyrielle de danseurs, découvrant 4 tenues successives. Billy Porter s’est présenté, tel un dieu égyptien, porté dans un sarcophage doré. 

L’empreinte médiatique de cette soirée est planétaire. On n’y célèbre aucun autre art que le vêtement lui-même. Ces gens n’ont pas tourné des films de cinéma comme à Cannes ou aux Oscars. Non. Ils ne font que porter les habits les plus inventifs et les plus sophistiqués du monde. Ils n’ont pour unique fonction que celle de composer un tableau, de fabriquer une image. 

Or, cette image a été dûment pensée par la Reine-mère de la presse, Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue America, caricaturée en harpie glaciale dans « Le Diable s’habille en Prada ». Anna Wintour sait ce qu’est une image de mode capable d’imprimer la rétine et de donner la tendance. Elle exerce son métier depuis 50 ans. Des séries variant les styles et les égéries, elle en a monté des milliers. Elle connaît la différence entre une bonne photo de mode et… la couverture du Vogue. Ce bal fastueux, elle le conçoit comme le plus beau des numéros hors-série de son magazine. Et chaque année, elle attend de voir lequel de ses invités par son allure va se détacher et va rester, faisant une couv pour la postérité. Rihanna et sa coiffe papale. Madame Wintour crée plus que des images, elle crée des icônes. Au sens pictural et sacré.

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