C’est l’histoire d’une petite fille noire devenue en quelques heures la coqueluche des télés et réseaux sociaux aux Etats-Unis...

Michelle et Barack Obama à la National Gallery
Michelle et Barack Obama à la National Gallery © Getty / Mark Wilson

Histoire désolante et passionnante  à la fois. 

Acte 1 : Une pitchounette minuscule – elle n’a que deux ans - est photographiée à la National Gallery face à l’immense portrait officiel de Michelle Obama que le musée vient de dévoiler. Le visage de la fillette dit une absolue fascination. Le cliché fait le tour de la toile. 

Acte 2 : Le site d’info Buzzfeed – dans son show du matin diffusé sur Twitter – retrouve la gamine et l’interviewe en direct et en duplex depuis chez elle aux côtés de sa maman. Là, Parker, c’est le nom de la fillette, prononce au sujet de l’ex-première dame cette phrase magique :  « She’s a queen » : c’est une reine. Woaah ! Pile ce qu’une certaine Amérique attendait. Et le couple Obama aussi, jamais en retard d’une leçon de com’ politique. Illico, Michelle rend visite à la famille de Parker. Elle se filme en train de danser un petit jerk endiablé avec la môme. 

Courte séquence que Michelle Obama va tweeter elle-même

Bah, tiens. Aussitôt, CNN – oui, la chaîne d’info que Trump déteste  – invite en plateau la petite Parker qui dit n’importe quoi assise sur les genoux de sa mère. 

« Elle te manque, Michelle ? Oui, elle s’est faite une nouvelle amie ». Beurk. On a mal pour le journalisme et mal pour les anciens boss de la Maison Blanche. Leur nouvelle coqueluche a 2 ans. Elle parle à peine. Elle ne sait pas ce que signifie être Président. Elle ne sait pas la difficulté des Noirs à accéder aux strates du pouvoir. Elle n’a pas conscience de sa propre condition d’afro-américaine. 

Il n’y a rien de politique chez Parker, seulement une toute petite fille qui a poussé un cri d’admiration devant une grande dame noire peinte sur un grand tableau. Et c’est là, en fait, que l’histoire devient politique. Dans cette Amérique qui fait un triomphe au film de Marvel « Black Panther », la question n’est plus seulement celle de l’ascension sociale, mais celle de la représentation. Où et en quoi une petite fille noire peut-elle se voir ? 

Réponse depuis quelques jours à Washington : au musée et en majesté.

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