Hier, pour la deuxième fois en 169 années d'existence, une femme, Meredith Kopit Levien, a été nommée PDG du grand quotidien américain.

Meredith Kopit Levien, février 2020, Los Angeles, Californie
Meredith Kopit Levien, février 2020, Los Angeles, Californie © AFP / RACHEL MURRAY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

À 49 ans ! Ce qui fait d'elle la plus jeune présidente directrice générale de ce mastodonte de la presse américaine. Meredith Kopit Levien prend ses fonctions aujourd'hui. Elle est entrée dans la société il y a sept ans, patronne de la régie. La pub, l’œil du cyclone de la mutation. Plus le public passe de temps sur Internet, plus les géants du Web captent les dépenses des annonceurs. Aux médias traditionnels, il reste les miettes. Lorsque Meredith Kopit Levien arrive au New York Times, les recettes avaient fondu de moitié. Comment imaginer qu'en l'an 2000, le journal engrangeait encore un milliard et demi de dollars de chiffre d'affaires publicitaire ?

Sous la férule de Mark Thompson, le big boss qui part à la retraite, Meredith Kopit Levien contribue à faire de la vieille dame new yorkaise une entreprise ultra-innovante sur le plan technologique. Diminuant sa dépendance au papier et à la publicité par la conquête d’abonnés numériques. Sur ce terrain, le groupe est devenu une machine de guerre, franchissant le cap des 6,5 millions d'abonnés, dont 5,7 uniquement sur Internet. Le Times vise les 10 millions en 2025. 10 millions ? Une broutille ! Meredith Kopit Levien, en campagne pour remplacer son patron et en bonne business woman qui ne doute de rien, estime son réservoir de lecteurs non encore abonnés à 100 millions. On est une femme puissante ou on ne l’est pas.

Pour l'anecdote, je vous lis l'intitulé de son compte Twitter. Elle y décline son titre - classique - puis ajoute : 

Mère comblée. Traverse les aéroports plus vite que quiconque. Apprécie les gens drôles. Accro aux boissons Starbucks

Délice du stéréotype !

Plus sérieusement, Meredith Kopit Levien va affronter la déflagration économique qui se profile en 2021. Dans le même temps, le journal pourrait perdre son meilleur promoteur, Donald Trump. En 2016, le New York Times investit 5 millions de dollars dans son bureau à Washington, entrant ainsi dans une compétition féroce avec le Washington Post. Résultat, le président leur a donné plus de grain à moudre qu’ils ne l'auraient jamais imaginé, les deux titres se sont surpassés et les lecteurs se sont rués. Pas sûr qu’économiquement, Joe Biden soit une bonne affaire pour la grande presse.  

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