Emmanuel Macron sera, jeudi prochain, l’invité du journal de 13H sur TF1, en direct d’une commune de 1000 habitants. C’est une première.

Berd’huis, le village vers lequel affluent en ce moment des reporters de toutes parts. De ce bourg de Normandie, on va parler toute la semaine. Ainsi, dans le climat social explosif du moment, L’Elysée a-t-il choisi Jean-Pierre Pernaut, 30 ans de JT de proximité à la clé.

5 millions et demi de téléspectateurs, 41% de part d’audience, le journal le plus regardé d’Europe, en tête des scores sur toutes les cibles : les plus, mais aussi les moins de 50 ans. Parler chez Pernaut, c’est parler aux Français. Et ce, dans un JT qui préfère aux invités des reportages partout en région, des histoires ancrées dans la terre et dans le concret.

Macron donne donc dans le super popu. Pas une nouveauté. Que ce soit avec la presse people, avec ses blagues délivrées en direct chez Cyril Hanouna ou jeudi, avec Pernaut, il aime à penser que miser sur des médias populaires dope l’image d’un Président de tous les Français. Pas seulement des riches, pas seulement des villes.

Mais tous les Français ne regardent pas le JT de Jean-Pierre Pernaut.

Qui déjeune devant la télévision en semaine ? Sûrement pas ceux qui bossent. Ni ceux qui font grève à la SNCF, ni ceux qui piétinent dans des gares. Sûrement pas, non plus, les étudiants, dont les universités sont bloquées. 13H, un jeudi : voilà un auditoire largement dominé par les retraités. Pour s’adresser aux jeunes et aux actifs, on parle le soir. En fait, Macron choisit ses Français, il choisit ses sujets. D’autant qu’à Berd’huis, il se plante, loin des galères de RER et des maires de villes-cités qui démissionnent.

Le Président va sur le terrain de Jean-Pierre Pernaut. Une France qui s’inquiète et se sent abandonnée, certes, mais une France qui n’aime pas ceux qui foutent le bordel. Il y a 3 ans, le présentateur du 13 Heures partageait sur Facebook un post, venu d’un site d’extrême-droite : « La France rurale est plus pauvre que la banlieue, mais on n’y brûle pas de voiture ».

Il est comme ça, Pernaut. Souvent réac, s’indignant parce qu’on traite mieux les migrants que nos retraités et s’irritant des commentaires du CSA au nom d’un JT libre, incarné et sans prompteur.

Non, Emmanuel Macron ne va pas parler à TOUS les Français.

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Pourquoi Macron va chez Pernaut ? © Getty / Jack Taylor
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