Finalement, la France n’interdira pas la publicité pour les entreprises ou pour les produits polluants…

Finalement, la France n’interdira pas la publicité pour les entreprises ou pour les produits polluants…
Finalement, la France n’interdira pas la publicité pour les entreprises ou pour les produits polluants… © Getty / Icy Macload

Après la Convention citoyenne pour le climat, le gouvernement a parlé. Les seules à être interdites de réclames seront donc les industries gazières et pétrolifères produisant des énergies fossiles. Les compagnies aériennes, les voitures, l’électroménager s’en sortent indemnes, ils continueront à communiquer. 

Pour l’immense majorité des télés, journaux, radios et sites d’info qui dépendent de la publicité, c’est un ouf de soulagement. La crise économique frappe dur. Voici les médias qui annoncent virer des effectifs : Le Figaro, L’Equipe, Euronews, RMC, Canal+, Bein Sports - vous voyez, c’est du costaud et je n’ai pas cité les médias locaux. Aussi le gouvernement avance-t-il avec précaution pour ne pas risquer un crash généralisé du marché. Par ailleurs, à l’Elysée, on cherche à faire retomber la tension avec des rédactions unanimement remontées. De fait, comment le gouvernement pourrait-il assumer d’un côté d’entraver l’information avec la loi « sécurité globale » et de l’autre d’attaquer les médias au porte-monnaie avec celle sur la « transition écologique » ? 

Le marché de la pub et ceux qui en vivent ont-ils pour autant sauvé leur peau ?

Oui et non, il demeure bien des questions en suspens. Arrivera un jour un nouvel étiquetage des produits en fonction de leur bilan carbone, sur le modèle du Nutriscore. Sur la future étiquette, les produits les plus mal notés ne risquent-ils pas à l’avenir d’être bannis des pages de publicité ? C’est l’épée de Damoclès. 

Par ailleurs, les professionnels de la publicité et l’ensemble des médias audiovisuels privés (de TF1 à NRJ, en passant par M6 et Europe1) mettent en place un « Contrat climat », placé sous l’égide du CSA. Des engagements encore peu précis, mais une intention très claire. 

Donner des gages de verdissement tous azimuts au gouvernement afin que celui-ci ne légifère pas trop sévèrement. Ça semble avoir marché. Toutefois, le CSA n’étant que le Conseil supérieur de l’audiovisuel, il ne contrôle rien de la presse écrite et de la pub qui y circule. Et rien, non plus, du puits sans fond qu’est Internet. Or, 50% de la publicité française se fait sur le numérique. Et là alors, on se fout de la planète et on ne régule pas ? 

Au final, tout le monde est mécontent

Les citoyens de la Convention climat furieux qu’on n’aille pas plus loin. Et les médias traditionnels qui se demandent pourquoi on leur pond tout un tas de règlements alors que, sur Google et Facebook, on laisse prospérer la publicité en liberté. 

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