La Hongrie dégaine une nouvelle législation pour museler l’information. Cette fois, ce sont les drones qui sont visés…Parce qu’un petit scandale vient d’éclater en Hongrie à l’instar de celui provoqué en Russie par Alexei Navalny.

En Hongrie des drones contre la corruption
En Hongrie des drones contre la corruption © AFP / ATTILA KISBENEDEK

Le Premier ministre hongrois s’appelle Viktor Orban. 

Un site d‘info, baptisé Atlatszo, a dévoilé des images tournées par des drones survolant les propriétés de familles proches du gouvernement.

L’année dernière, le même site avait déjà diffusé des vidéos aériennes de villas appartenant à Viktor Orban et son père. 

Tout ça pour quoi ?

Pour illustrer les inégalités et la corruption qui gangrènent le pays. L’homme au pouvoir est aussi le meilleur ami et l’associé de l’homme le plus riche de Hongrie, avec une fortune dépassant le milliard d’euros. Ses entreprises, mais également celles d’un petit cercle d’affidés, bénéficieraient de fonds publics et d’argent européen détourné. 

Sauf que plus les zéros s’alignent et plus le grand public perd la notion des sommes.

Des photos de résidences ultra-luxueuses s’avèrent bien plus efficaces d’un point de vue médiatique pour figurer l’enrichissement personnel de la classe dirigeante. 

Le gouvernement hongrois l’a très bien compris et vient de faire passer une énième règlementation destinée à entraver le travail des journalistes

La diffusion d’images de propriétés privées sans autorisation est désormais punie d’un an de prison. En outre, faire voler un drone nécessite aujourd’hui une autorisation officielle accordée 30 jours avant le décollage. Dissuasif. 

Il faut dire que le choc Navalny a produit son effet. Le 17 janvier dernier, l’opposant russe est arrêté. Deux jours après, son équipe met en ligne sur Youtube une vidéo de 120 minutes. Vaste enquête sur le « plus gros pot de vin du monde » : 35 milliards de roubles qui financent un palais de 17 000m2, avec cathédrale privée, aquadiscothèque, héliport, casino, patinoire de hockey, etc… Alexeï Navalny accuse Vladimir Poutine d’être le bénéficiaire direct de ce projet pharaonique, fruit d’un circuit de corruption complexe, réparti sur une cascade de sociétés. 

Alors, pour frapper les esprits et mobiliser encore les Russes malgré le froid et la répression, sur quoi ont misé les équipes de Navalny ? 

Sur des images. Effet de sidération garanti. La demeure est implantée au bord de la mer noire, dans une zone que l’armée interdit au survol militaire. Il a fallu embarquer sur des zodiacs, semer les filatures, lancer des drones pour embrasser ce palais « vu du ciel » et donner une idée de ses dimensions qui défient l’imagination. Qui l’eut cru ? Le drone, une arme anti-corruption.   

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