Sonia Devillers revient sur les suites de l’affaire R.Kelly aux Etats-Unis. R.Kelly, le chanteur super star des années 1990 (avec notamment ce tube : "I Believe I Can Fly") sur qui court aujourd'hui des rumeurs persistantes de pédophilie… Conséquence étonnante : le nombre d’écoutes de R.Kelly s'est envolé !

Le chanteur R.Kelly
Le chanteur R.Kelly © AFP / Jason Merritt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

R.Kelly, chanteur, super star du R’NB dans les années 1990. Plutôt que sa biographie, je vous diffuse ce titre que vous reconnaîtrez aussitôt. 

« I Believe I Can Fly », la BO du film « Space james ». R.Kelly, riche et célèbre, traînant dans son sillage des rumeurs persistantes de relations sexuelles avec des jeunes filles, mais jamais de condamnations. Une inculpation pour des ébats avec une partenaire de 14 ans, mais suivie d’un acquittement. C’est le le site d’info Buzzfeed qui publie la première enquête choc.  Puis, la semaine dernière, la chaîne Lifetime, lâche un documentaire de 6 heures. Témoignages accablants. 

Tout est raconté. L’emprise psychologique du chanteur, son goût pour les pratiques très violentes et les mises en scène dégradantes, « la secte sexuelle » dont ces gamines esclavagisées sont sorties détruites. 

Robert Sylvester Kelly, de son vrai nom, dément fermement. « Surviving R.Kelly » fait l’effet d’une bombe à neutrons. Notamment dans le milieu de la musique Outre-Atlantique dont le silence est pointé, mais aussi certaines orgies consommatrices d’aspirants chanteurs et chanteuses. Nouveauté de ces dernières heures, des procureurs lancent des appels à témoins dans plusieurs États. 

Les premières révélations du site Buzzfeed n’avaient rien enclenché, c’est donc Lifetime, une chaîne câblée 100% dédiée aux ménagères avec ses séries, ses télé-réalités et ses plateaux au féminin qui aura mis en branle la justice et engendré une déferlante médiatique unanime. Depuis ce week-end, tous les talk-shows américains sont bipés en continu tant le chanteur s’y fait insulter. 

Une dernière remarque. Jugeant qu’il était impossible de se substituer à un juge ou un juré, le site d’écoute en ligne, Spotify, a renoncé à expurger ses playlist des morceaux d’artistes mouillés dans des affaires. 

Vous savez quoi ? Depuis les révélations, le nombre d’écoutes de R.Kelly – des vieilles chansons - s’est littéralement envolé. Ça laisse songeur. « Qu’est-ce qu’un tube ? Qu’est-ce qu’un succès ? », se demande-t-on, perplexe, à l’heure de la musique dématérialisée où le simple clic a remplacé le disquaire. Un hit c’est le « buzz » du moment. Peu importe le sujet et la nature du « buzz ». On écoute ce qui fait causer. A méditer.

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