De plus en plus de youtubeurs règlent leurs comptes par des combats de MMA, un sport récent qui associe lutte et pugilat où quasiment tous les coups y sont permis.

La violence de ces joutes a provoqué un arrêté ministériel en 2016.

En France, les compétitions de MMA sont interdites comme la diffusion télévisée de combats, même filmés à l’étranger. Le problème, c’est que plus viral que ça, on ne fait pas. La gigantesque popularité du MMA auprès des jeunes s’est donc construite à travers Youtube et en est indissociable. Je ne vous parle là que d’un support de diffusion. 

Or, depuis quelques temps, une kyrielle de youtubeurs, dont les vidéos n’ont rien à voir avec le MMA, se mettent eux-mêmes à livrer des combats. Et se filment, évidemment.  

IbraTV que vous venez d’entendre éructant dans l’arène ce week-end.  Ibra est un youtubeur qui, avec son petit accent d’Europe centrale, est suivi par 3 millions d’abonnés et cumule 300 millions de vues. Il s’est fait connaître par des « pranks » souvent glauques, ce sont des caméras cachées trashs. Le MMA est donc une corde supplémentaire à son arc. Depuis cet été, il organise des rencontres de youtubeurs qui se sont insultés par réseaux sociaux interposés. Combats, avec arbitre et, comme toujours, caméra. 

D’ailleurs, à l’extrême extrême-droite de la fachosphère, lorsque le ton est monté entre le vétéran Alain Soral et le jeune Raptor Dissident, ils se sont défiés en combat de MMA. Dieudonné a voulu récupérer l’affrontement sur sa chaîne Youtube. Raptor Dissident voulait que ce soit sur le canal d’IbraTV. Et ce truc pourri n’a finalement jamais eu lieu.

Direction, maintenant Manchester. Deux géants de Youtube s’entrechoquent sur le ring. Là, spectacle et business colossal. 

Vous entendez l’Américain Logan Paul, 18 millions d’abonnés, 4 milliards de vues. Dans une chanson, il dit du mal de l’Anglais KSI, gros poisson du Web qui le lui rend bien. Clash. Conférence de presse digne des avant-matchs de boxe où chaque lutteur tremble de testostérone et d’agressivité. Combat.

Vous me direz, les youtubeurs ne font que restaurer la coutume du duel. Mais dans une rage inédite, virile, masculiniste même, ils instaurent une nouvelle règle, celle du corps à corps. Dans un monde virtuel, où les armes sont les idées, le propos, l’anonymat, le corps reprend ses droits.

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