Ferrero, la maison mère de Nutella ou Kinder, ne veut plus que ses publicités apparaissent dans l'émission d'Eric Zemmour, sur Paris Première.

Eric Zemmour
Eric Zemmour © AFP / Sameer Al-Doumy

C’est une ONG, Sleeping Giants, qui a interpellé Ferrero sur Twitter demandant au chocolatier s’il avait bien conscience qu’en achetant de la pub pendant ce programme, il cautionnait et finançait un polémiste condamné 2 fois en justice. 

Stupeur chez Ferrero qui se défend d’adhérer aux prises de position d’Eric Zemmour et qui, pour protéger son image, demande à la chaîne que ses réclames ne soient plus associées à ce programme.  

Sleeping Giants a été créée aux Etats-Unis après la campagne de 2016. Voyant la haine se multiplier, notamment sur Internet, ils ont eu l’idée de frapper au porte-monnaie les médias qui la propagent. Leur méthode ? Alpaguer publiquement les annonceurs qui paient pour profiter de leur audience et qui, de fait, les font vivre.  

Alors… avec la télévision, c’est facile et fréquent qu’un annonceur demande à son acheteur d’espaces publicitaires de ne pas être associé à tel ou tel type de contenu. Groupama, Chanel, Skoda, SFR et Petit navire n’avaient même pas attendu l’avis du CSA pour déserter le show de Cyril Hanouna après la diffusion d’une séquence jugée homophobe. 

Le gros problème, ce sont les médias numériques (y compris le site de votre quotidien régional) dont les emplacements réservés à la pub sont vendus par plein d’intermédiaires. En outre, le nombre d’espaces publicitaires s’est multiplié à l’infini sur le Web. Plus personne ne peut les acheter et les vendre en remplissant des grilles à la main. D’où ces robots qui mettent en relation des vendeurs et des acheteurs jour et nuit et qui organisent des enchères publicitaires en temps réel. Bref, incontrôlable. Compliqué pour une marque de savoir précisément là où va se nicher sa publicité sur Internet. Et compliqué pour un média en ligne de savoir ce qu’il héberge comme pub et d’où elle vient. Vous imaginez les problèmes que cela pose ? Jusqu’à présent, un journal a toujours eu des comptes à rendre sur les annonceurs à qui il ouvre ses pages. Et une marque a toujours été comptable de ses choix de médias selon qu’elle annonce dans Valeurs actuelles ou dans L’Huma

Dans le Far West du Web, c’est cette chaîne de responsabilités que l’association Sleeping Giants veut restaurer.  

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.