En Italie, un journaliste provoque le scandale en appelant Matteo Salvini au suicide. Week-end politico-médiatique d’autant plus agité que le journaliste est rédacteur en chef à la Rai Radio 1, un genre de… France Inter.

Matteo Salvini fin août 2019 à Padoue en Italie
Matteo Salvini fin août 2019 à Padoue en Italie © AFP / Marco Bertorello

Fabio Sanfilippo publie sur sa page Facebook une « missive » pointant le revers cinglant essuyé par le chef de la Ligue d’extrême droite : « Tu t’es pendu tout seul. Je suis content de cela. (…) Tu n’as pas de travail, tu ne sais rien faire, tu n’as pas de siège au Parlement européen, tu as perdu ton poste de ministre. C'est vrai, tu es au Parlement (italien), mais avec la vie que tu menais, d'ici six mois tu vas te tirer dessus, mon ennemi ! Désolé pour ta fille, elle s’en remettra, si elle est suivie par des personnes qualifiées ». La petite a 6 ans. 

Réaction révulsée de la classe dirigeante italienne. Matteo Renzi, ancien président du Conseil : 

J’ai mené bataille pour renvoyer Salvini à la maison. Mais la politique ne peut se réduire à la barbarie. 

La Rai condamne fermement, ouvre une enquête interne et promet des sanctions disciplinaires. 

Quant à Matteo Salvini, il martèle son indignation tous azimuts. A la télévision, sur la 7, dans l’émission de débat « In Onda ». « Vous, Fabio Sanfilippo, journaliste rémunéré par les Italiens, mais comment pouvez-vous vous permettre ? ». Puis, en meeting à San Gemini où il harangue ses supporters.

Comment ce journaliste payé par VOUS écrit-il que Salvini se suicide au bout de 6 mois ?

Fabio Sanfilippo a fini par s’expliquer. Il ne regrette que la référence à la fillette qu’il met sur le compte d’un effet de style. Il affirme n’avoir jamais incité l’ancien ministre de l’Intérieur à se donner la mort. Mais seulement constaté qu’il se tirait une balle politique de lui-même. En outre, il souligne que ce message a été posté sur une page Facebook personnelle et fermée. Et que la Rai ne possède pas de règlement intérieur sur l’utilisation des réseaux sociaux. 

Lacune que les députés exigent de voir comblée au plus vite car les attaques ad nominem sont nombreuses de la part de cartes de presse… elles-mêmes insultées et menacées par le personnel politique italien du précédent gouvernement. 

Enfin, les élus demandent à la Rai des garanties d’impartialité dans ses programmes propres à l’audiovisuel public. On croit rêver, les mêmes élus qui ont validé il y a un an la nomination, à la présidence de l’établissement, d’un journaliste ouvertement europhobe, xénophobe et homophobe poussé par qui ? Par Matteo Salvini ! Professionnalisme et neutralité de tous les côtés. 

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