Lundi 8 avril 2018 : évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Les caméras de télévision n’avaient pas le droit de filmer l’opération en cours.

Consigne du Ministère de l’Intérieur : les reporters présents sur place doivent veiller « à ne pas gêner les manœuvres de la Gendarmerie nationale » qui « mettra à disposition des rédactions des photos et des vidéos de l’opération libres de droits ». Vous avez bien compris. Au nom de la sécurité, on a écarté les journalistes, priés d’utiliser des images officielles. 

Mais ce ne sont pas ces reportages prêts à l’emploi que nous avons vus hier

Non. Toute la journée, deux autres familles d’images se sont faites concurrence sur les écrans. Celles tournées par les télévisions du côté des zadistes et celles tournées par les zadistes eux-mêmes.

Télévision, d’abord. Chassées par les forces de l’ordre, les caméramans n’avaient pas le choix. Impossible de se placer entre les gendarmes et leurs opposants, trop près les uns des autres. Ca aurait signifié, aussi, filmer les militants de face, ce qu’ils refusent de peur d’être reconnus. Impossible également de s’installer sur les cotés d’une route très étroite, bordée de fourrés boueux. Seul axe de caméra, donc : à l’arrière des lignes zadistes.

Les images zadistes, maintenant. Au petit matin, les chaines d’info commencent par diffuser les vidéos amateurs qui leur sont transmises. Mais elles ne montrent pas tout, on verra beaucoup plus violent ensuite sur les réseaux sociaux. Les résistants exècrent les journalistes autant que les gendarmes s’en méfient. Rendez-vous donc sur Periscope, l’outil vidéo de Twitter.

Dans cette séquence, vous voyez un envoyé spécial pataugeant dans la gadoue, en plein duplex télé. Des zadistes s’approchent, le filment dans l’exercice de son métier et l’interrompent sans cesse.

Le ministère ne voulait pas de journalistes dans les pattes, mais le résultat, en terme d’image, lui est très défavorable. Dans le dos du reporter que vous venez d’entendre se faire charrier, des gendarmes en rangs serrés. Comme dans le sujet de BFM : un mur de militaires casqués en tenue d’assaut, levant les boucliers anti-émeutes. Vision menaçante des forces de l’ordre qui avaient la sécurité, mais pas la communication de leur côté.

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