Pas de journaux ce matin, la messagerie qui transporte et distribue la presse partout en France est en grève.

Pas de journaux ce matin, mais pourquoi ?
Pas de journaux ce matin, mais pourquoi ? © Getty / Dorling Kindersley

En cause, un projet de loi présenté tout à l’heure en Conseil des ministres dont, hier après-midi encore, les acteurs de la filière ne savaient rien. Et ils n’en décoléraient pas. Patrons de presse, syndicat du livre, imprimeurs, distributeurs, marchands de journaux, tous réclament une réforme urgente. Or, le gouvernement rédige un texte dans leur dos. Au ministère de la Culture, on dit qu’il y aura débat parlementaire. Mais quel débat quand on tient la majorité ? 

Voici la situation. Il y a le feu. Vous allez comprendre. 

Avec le numérique, les quotidiens impriment de moins en moins. Les camions qui viennent les chercher à la sortie des imprimeries roulent à moitié vide, mais roulent quand même. Le système coûte plus cher qu’il ne rapporte. Surtout lorsqu’il faut refaire la tournée pour collecter les exemplaires invendus. Il est des kiosques où l’on envoie, donc, moins de canards. Résultat, 900 marchands de journaux ferment chaque année. Ça fait chuter encore plus les ventes de la presse. Vous voyez le cercle vicieux ? 

En outre, le principal distributeur de la presse en France, Presstalis (qui achemine tous vos quotidiens, 350 millions d’exemplaires par an, et les trois quarts de vos magazines sur le territoire), a été scandaleusement mal géré pendant des années et s’est retrouvé en liquidation. Il est maintenant quasi redressé, mais lourdement endetté. 

Comment le gouvernement pourrait-il y remédier ?

En plaçant la filière presse sous la coupe de l’Arcep, la haute autorité qui chapeaute les télécoms. 

Pourquoi pas ? Les instances qui géraient cela auparavant ont été d’échecs en échecs. Reste à savoir qui décidera de quoi à l’avenir, car les entreprises qui distribuent la presse sont depuis la Libération des coopératives dans lesquelles tous les journaux sont représentés et ont une voix. 

Par ailleurs, l’inquiétude monte

Et si la loi autorisait des entreprises privées qui distribuent des tracts et transportent des colis à le faire pour des journaux ? Et ce, à des tarifs super agressifs ? Les coopératives en place y laisseraient leur peau. Bon débarras ? Peut-être, mais pour l’heure, le système en place garantit encore à tous les titres, même les petits, même les indépendants, même les plus politiquement combattants, d’être distribués. 

Mais demain ? Dans l’esprit, on vous dira que oui. Dans les faits, rien n’est moins certain. D’où la grève aujourd’hui. 

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