Pornhub obligé de réagir après une enquête du « New York Times » qui accuse le site quantité de vidéos de viols et d’enfants abusés.

Femmes et enfants violés sur Pornhub
Femmes et enfants violés sur Pornhub © Getty / Tinnakorn Jorruang / EyeEm

Site classé dans les dix plus visités au monde. Et comme l’écrit Nicolas Kristof  - grande plume qui a reçu deux prix Pulitzer pour sa couverture de la Chine et du Darfour – « le problème de Pornhub ce n’est pas la pornographie, c’est le viol ». Le site est infesté d’images d’enfants abusés, de vidéos intimes postées par vengeance, de vidéos d'espionnage de femmes sous la douche ou encore de femmes asphyxiées dans des sacs en plastique, affirme le grand reporter qui n’est sorti indemne de son voyage dans les entrailles du site de cul. « Je suis tombé sur de nombreuses vidéos qui étaient des agressions de femmes inconscientes », témoigne-t-il. « Les violeurs ouvraient les paupières des victimes et touchaient leurs globes oculaires pour montrer qu'elles étaient sans réaction ».

Comme Youtube, Pornhub permet à tout un chacun de poster sa réalisation. Mais à la différence de Youtube, il s’avère extrêmement difficile de faire disparaître ces séquences lorsqu’elles contreviennent aux règles élémentaires de la dignité humaine. L’enquête de Nicolas Kristof regorge de témoignage d’adolescentes dont la vie n’est plus qu’une longue descente aux enfers - drogues, tentatives de suicides, déscolarisation - car les voici soumises à des chantages et des humiliations sans fin, poursuivies par ses séquences non consenties que monétise une entreprise ayant pignon sur rue et siège social à Montréal.

Pornhub appartient à Mindgeek, conglomérat opaque pilotant plus de 100 sites Web, sociétés de production et marques dans le porno. Un trust planétaire. Et le « New York Times » de pousser l’investigation auprès des modérateurs de ses plates-formes qui y laissent leur santé mentale. Le quotidien fouille l’historique des plaintes, pétitions et autres recours qui n’ont pu endiguer la machine infernale. Constat : Pornhub fait plus attention aux vidéos mettant en scène des citoyens américains. Enfants et adolescents étrangers, asiatiques notamment, étant de la chair fraiche pour un site en quête de trafic, donc de revenu publicitaire.

Attention, Pornhub n’est pas qu’une vitrine gratuite. Nombre de ses extensions sont payantes. L’année dernière, je vous racontais que Paypal refusait désormais de servir de moyen de paiement au site. Suite à la parution du « New York Times », Visa et Mastercard disent réfléchir à suspendre, si nécessaire, les accès via cartes bancaires. Dans son article, Nicolas Kristof se demandait pourquoi ça n’avait pas été fait avant. Hier,  Pornhub a promis beaucoup plus d’éthique et de contrôle.  Nicolas Krsistof attend de voir. Son papier est titré : « Les Enfants de Pornhub ».    

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