Des activistes ont piraté plus de 5000 articles scientifiques payants portant sur le coronavirus.

Des médecins chinois donnent des conseils médicaux aux patients via Internet, dans la province e Jiangsu
Des médecins chinois donnent des conseils médicaux aux patients via Internet, dans la province e Jiangsu © AFP / Ji Chunpeng / XINHUA

Épidémie que l’OMS vient de classer « urgence sanitaire mondiale ». Mais sur le Web, on a devancé le tempo des institutions. Le site d’info Vice News, dans sa version anglo-saxonne, raconte comment, il y a un mois, un collectif cherchant de l’information récente sur cette famille de virus, s’est heurté aux tarifs exorbitants que pratiquent les revues scientifiques. 

Ils se sont alors souvenus de l’effroyable propagation d’Ebola, en 2015, et du coup de gueule bien senti de l’ancienne ministre de la santé du Libéria. Elle avait publié une tribune dans le « New York Times » disant qu’à 45 dollars l’article, l’information scientifique coûte parfois une semaine de salaire à un médecin africain. Des chercheurs du Libéria, de Sierra Leone ou de Guinée participent pourtant à ces travaux. Mais leurs résultats sont confisqués par des éditeurs occidentaux qui les monnayent auprès du public le moins concerné par Ebola. 

La circulation de l’information scientifique peut sauver des vies. Sur le coronavirus, le collectif dont je vous parle ce matin a traqué 5200 papiers publiés entre 1968 et 2020. Ils les ont aspirés gratuitement grâce à des plates-formes type Sci-Hub qui permettent de contourner les abonnements des revues spécialisées. Ça vaut à Sci-Hub des procès retentissants pour atteinte au droit d’auteur. Ce site est d’ailleurs bloqué par vos fournisseurs d’accès Internet. Il y a néanmoins plusieurs façons d’y accéder. La preuve, le collectif y a récupéré une somme colossale de documents puis, l’a mise en accès libre sur un forum américain qui s’appelle Reddit et qui est, lui, parfaitement autorisé. 

Leur idée ? Aider les autorités et la communauté médicales à endiguer, au plus vite, l’épidémie de coronavirus. A mon niveau, j’ignore si le piratage d’articles scientifiques favorise la recherche, mais il y a quelques jours, plusieurs éditeurs dont les géants Elsevier, Wiley et Springer Nature, ont levé la barrière du payant sur des milliers d’articles concernant le coronavirus. 

Elsevier vient, par exemple, de lancer un « Centre d’information » en anglais et en mandarin, site Internet offrant l’accès gratuit à 2400 publications sur le coronavirus. Avait-il vraiment le choix ? L’éditeur était devancé par les pirates. Et profiter d’une crise sanitaire planétaire pour augmenter les abonnements eût été… mal vu.

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