Ruth Elkrief annonce son départ de BFM TV, où elle officiait depuis 15 ans…

D’aucun l’imagine déjà en lice pour la présidence de Public Sénat, les têtes dirigeantes des chaînes parlementaires arrivant en fin de mandat. Côté LCP -Assemblée Nationale, Bertrand Delais semble pour l’instant seul candidat à sa succession, même si d’autres ont encore le temps de se révéler. Côté Sénat, en revanche, les candidats ne disposent que de 15 jours pour se faire connaître. Ça se joue en ce moment, d’où le lien établi avec la fin de l’ère Elkrief sur BFM. Mais, fausse piste ! Elle a bien été sollicitée par une frange des sénateurs il y a quelques mois. Toutefois, elle n’ira probablement pas. 

Ruth Elkrief, qui a commencé chez TF1 en 1987, compte 35 années d’actualité, de télévision et de politique dans les pattes. Une dernière présidentielle avant de quitter l’antenne pouvait la tenter. Mais pas sûr que sa chaine l’aurait placée, elle, en pôle position de cette échéance clé. Ruth Elkrief a animé le premier JT de BFM TV, en 2005. Elle a incarné la conquête de cette petite télé qui avait les dents à rayer le parquet. Ses opérations montées à la hussarde comme le débat Ségolène Royal / François Bayrou, en 2007. L’assurance de BFM, voire son arrogance, alors que la rédaction partait de rien, les manies tapageuses de ses débuts mais déjà, le rythme, le savoir-faire et l’efficacité qui feront son succès. 

Seulement voilà, bien des pionniers de BFM TV ont quitté le navire : Thomas Sotto, Olivier Mazerolle, Nathalie Lévy, Guillaume Dubois, son ancien directeur. Hervé Béroud, l’âme de cette rédaction devenue très puissante aujourd’hui, a pris de la hauteur dans le groupe qui a racheté la chaine.  

L’arrivée aux commandes de Céline Pigalle, puis de Marc-Olivier Fogiel, signifie plus qu’un changement de direction, elle traduit aussi un changement de culture. Un leader ne se comporte pas en challenger. L’âge de la maturité, doublé d’un séisme : l’épisode « gilets jaunes ». BFM plus regardée et plus conspuée que jamais, prise entre les tirs croisés des politiques et des insurgés. Elkrief a fait partie des emblèmes les plus ciblés. Elle qui avait été méchamment critiquée pour ses phrases partisanes pendant l’affaire Fillon. La rédaction s’est profondément remise en question.

Cette saison, Ruth Elkrief avait cessé de régner sur les avant-soirées, relogée le week-end. Le cuir épais, capable de tenir l’antenne par tous les temps, Ruth Elkrief a interviewé tous les grands, mais a fini par incarner une identité d’avant que BFM TV semble vouloir liquider. Le temps passe vite. Qui eut cru que BFM TV aurait un jour un passé ? 

L'équipe
Contact
Thèmes associés