Les plans d’économie se succèdent dans les groupes médias et ne se ressemblent pas. D’un côté, Altice, maison mère de Libé et de BFM TV, entame un plan de départs volontaires, doublé de départs pas volontaires si nécessaire. De l’autre, L’Équipe opte pour un dispositif mal connu, « l’accord de performance collective ».

Siège de L'Equipe
Siège de L'Equipe © AFP / Martin BUREAU

L’idée ? Demander aux salariés des efforts (baisse des salaires et augmentation du temps de travail) pour permettre à l’entreprise de traverser la crise. En échange de cela, pas de plan social. En clair, chez Altice, on taille d’emblée dans la masse salariale. La moitié des effectifs de RMC Sports serait menacé. À L’Équipe, on préserve intégralement la masse salariale, mais… à ses frais. On demande peu ou prou aux salariés de financer leur propre sauvegarde de l’emploi.

Concrètement, cela donne un gel des augmentations collectives, une baisse de salaire de 10% et 6 jours de RTT au lieu de 22. Mais pas de licenciement économique pendant quatre ans.

Et pour cause, avec le retour des JO et de l’Euro en 2021, des mondiaux de foot en 2022 et de rugby en 2023 puis des JO de Paris en 2024, L’Équipe va avoir besoin de tous ses bataillons. Le groupe est-il toutefois en droit de demander un tel sacrifice à ses troupes ? Oui. Il applique l’ordonnance du 22 septembre 2017, un texte qui ne l’oblige même pas à ne pas licencier après cela. 

Mais la direction peut difficilement faire autrement. Elle doit obtenir la signature des organisations syndicales totalisant plus de 50% des voix aux élections professionnelles. En l’espèce, il lui faut convaincre le SNJ, puissant syndicat national des journalistes, de signer.

Si ce fameux « accord de performance collective » est signé, un collaborateur pourra tout de même le refuser, mais une procédure de licenciement sera engagée contre lui, selon la loi. Les 350 salariés du groupe sont donc suspendus à la négociation qui démarre mercredi prochain. 

La direction de L’Équipe dépeint une annus horribilis, 16 millions d’euros de déficit, des ventes au numéro qui périclitent et des recettes publicitaires en baisse de 70%. Face à elle, des syndicats très en colère. L’Équipe a gagné de l’argent jusqu’à présent et dispose d’une confortable trésorerie. Pourquoi un tel traitement de choc ?

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