Le nouvel hebdomadaire « Vraiment », lancé il y a moins de 3 mois, suspend déjà sa parution. C’était l’enthousiasme, le retour au papier, c’est l’hécatombe. Avant « Vraiment », il y a eu « Ebdo », placé rapidement en liquidation judiciaire. « Ebdo » prétendait réinventer le genre et le métier.

Une profession de foi fracassée par la publication d’une enquête sur des agressions sexuelles attribuées à Nicolas Hulot. 

« Vraiment » semble en avoir tiré des leçons. Le journal est paru plus discrètement, sans jouer l’effet d’annonce. Seulement voilà, le titre du magazine est peu évocateur, la ligne pas évidente à définir, même si son contenu est plein de sujets assez originaux. Le dernier numéro s’est vendu à 5 000 exemplaires. Fin de l’histoire. Chez « Vraiment », on préfère s’arrêter avant de creuser la dette. Et on réfléchit à se relancer cet été, mais sous une autre forme. 

Pour « Ebdo », comme pour « Vraiment », les capitaux de départ n’étaient pas assez conséquents

Les revenus de la vente se sont avérés beaucoup plus faibles que prévus. Et les levées de fonds, prometteuses au départ, se sont taries. Si tous les journaux devaient avoir 3 ans de trésorerie garantie pour se lancer, on ne verrait pas le bout d’une nouvelle couverture ! Il n’empêche. « Ebdo » et « Vraiment » sont partis fragiles financièrement et sans groupe de presse pour soutenir des lancements dans le temps. Car, oui, un journal a besoin de temps. Les premiers numéros, comme les nouvelles formules, sont souvent foirées, il faut que la rédaction s’approprie un format, affirme son ton et forge sa personnalité. Ce dont « Vraiment » manquait  vraiment. 

La semaine prochaine, on saura qui sont les candidats au rachat de « Ebdo » et si sauvetage du titre il y a. En attendant, on s’interroge sur la survie des hebdomadaires généralistes en France. Coincés entre les médias de l’instantané et ceux qui se décorrèlent complètement de l’actualité. Ils ne trouvent plus leur temporalité. Dans le secteur, deux lancements réussis : « Le 1 », mais ce n’est pas un « news magazine », plutôt un média de complément qui explore une seule thématique chaque semaine, et « Society » qui, malin, a brisé la périodicité traditionnelle, il paraît… tous les 15 jours !  

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