Les téléspectateurs verront un match de Ligue des Champions PSG-Dortmund joué à huis clos.

En 2010, le PSG jouait un match à huis clos au Parc des Princes
En 2010, le PSG jouait un match à huis clos au Parc des Princes © Maxppp / Guy Gios

Et pour le spectacle télévisuel, l’absence de public change tout. C’est même lorsqu’on en est privé qu’on prend conscience du poids du public dans la dramaturgie d’un match filmé pour la télé.

À l’image, d’abord : pas de plan de coupe sur les tribunes déchaînées, pas de plans aériens où se dessinent les olas, pas de caméra qui suit un ballon perdu dans les gradins, pas de plan serré sur les supporters défigurés par le suspense, la liesse, la déception ou la colère. Les spectateurs sont NOS représentants sur place, au stade. Leurs émotions traduisent les nôtres. Les télévisions latines, françaises, italiennes, espagnoles, jouent particulièrement sur cette continuité en multipliant les contre-champs sur le public et en cadrant les visages. Autant d’éléments narratifs qui viennent appuyer les penaltys, les séances de tirs au but et autres temps forts d’un match.  

Bon, il y a les temps forts, mais aussi les temps morts. Le public, ça sert aussi à occuper l’écran pendant les changements de joueurs ou l’arbitrage vidéo. Toutes ces latences vont vous sembler bien longues demain soir…Enfin, que serait un match du PSG sans les traditionnelles images des VIP, des stars dans les tribunes ? Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel, ils font partie du spectacle au Parc des Princes. 

Le son, maintenant. Il est là, le vrai choc sensoriel. Dans le silence qui s’abat sur le huis clos et qui laisse entendre tout ce que les égosillements de 48 000 personnes couvrent normalement. Entendre le POUM de chaque chaussure frappant le cuir du ballon, entendre les corps qui s’entrechoquent, entendre l’entraîneur qui aboie depuis le banc, entendre les joueurs qui s’insultent, entendre la façon dont l’arbitre s’adresse à eux. Et parce que tout cela s’entend, justement, un match à huis clos ne se déroule pas comme un match habituel. Pas de bol pour le PSG, le confinement tombe sur la rencontre la plus importante de la saison. Déjà battu 2-1 par Dortmund, une défaite demain signifie l’élimination de la Ligue des Champions. En revanche, gloire au buteur qui enverra les Parisiens en quarts de final. Ils seront 11 à la hurler leur joie. A la télé, on entendra « ouiiiiii… ». Ça nous rappellera plus la cour de récré que le stade. Faites du bruit.

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