Un journaliste algérien a brièvement été arrêté hier à Alger par les services de renseignements.

Devant le siège de la télé dont il est l’un des rédacteurs en chef, Ennahar. L’interpellation de Saïd Djerbal a été captée par les caméras de sécurité du bâtiment. Ennahar Tv s’est empressée de les diffuser, avec récit et commentaires.

Certes, la détention de ce journaliste n’aura duré que deux heures. Mais, voyez-vous, il y a un peu de toute la situation des médias algériens dans cette petite affaire. 

Raison probable de l’arrestation : la publication, la veille, par un site d’infos du groupe Ennahar, d’un article critiquant le patron de la Direction des Services de Sécurité, le général Athmane Tartag, alias Bachir, alias l’homme qui a tellement de pouvoir à Alger qu’il vaut mieux éviter d’en parler. 

Saïd Djerbal, la carte de presse concernée, n’est pas un dangereux rebelle pour autant. Son PDG rappelait hier – attention, accrochez-vous – que son journaliste « glorifie le président de la République dans ses papiers » ! Surréaliste. 

Pour que vous compreniez bien, l’Algérie est placée dans le dernier tiers du classement Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Les pressions sont constantes. Même Ennahar, plus grand groupe médias privé du pays, n’y échappe pas. C’est ce qu’on retiendra. Ennahar, pourtant réputé si proche du pouvoir. De fait, il a fallu montrer patte blanche pour obtenir un canal et lancer la première chaîne d’information continue en Algérie, aujourd’hui la plus regardée. Ennahar possède également un quotidien généraliste, un quotidien sportif et des titres numériques. 

C’est évidemment la surface d’exposition et l’audience de sa chaîne qui offre la meilleure marge de manœuvre à Ennahar. 

Hier, à l’écran, on réclamait tous azimuts la libération du journaliste. Une fois obtenue, le PDG du groupe a remercié, sur Twitter, « les hautes autorités qui ont mis fin à cette injustice ». 

Et il ajoute : « Je suis triste face aux menaces subies. J’aurais aimé ne pas voir ces choses horribles en Algérie ». 

Conclusion (je cite) : 

Ma confiance envers le président Bouteflika est grande. 

Une phrase ne va pas sans l’autre de ce côté de la Méditerranée.         

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