Le quotidien "L’Équipe" est paralysé par la grève depuis plusieurs jours… Une grève massivement suivie qui a entrainé la non-parution du quotidien et de « L’Équipe magazine » samedi, puis du quotidien dimanche et enfin, du quotidien ce matin.

Grève à l'Equipe. Ici une image de la rédaction en 2015.
Grève à l'Equipe. Ici une image de la rédaction en 2015. © AFP / Joël SAGET

Vous n’êtes pas sans savoir que les week-ends sont riches en résultats et rebondissements sportifs. Le trou dans la raquette s’avère donc béant, et le climat qui préside aux échanges entre la direction et les représentants des salariés vire à l’exaspération réciproque. Les syndicats accusent les dirigeants de « mépris ». Les dirigeants communiquent, eux, tranquillement le calendrier des réunions à venir. 

La restructuration de L’Équipe : une soixantaine de postes supprimés au supplément « Sport & Style », à la rédaction du quotidien et à celle de France Football, où l’on passera de 18 à 4 personnes pour fabriquer le journal qui, d’hebdomadaire ne sera plus imprimé week-end par mois. 

Symboliquement, c’est un monde qui disparaît

France Football, le mythique hebdo du ballon rond que les garçons de mon âge attendaient le cœur battant, chaque mardi, quand nous étions petits. Ils y suivaient haletants les aventures de Jean-Pierre Papin et consorts. Aujourd’hui, Mbappé et son « crew » sont à portée de clic H24. 

Pour la direction du quotidien sportif, dont la chaine de télé n’est pas touchée, cette opération garantit l’avenir, c’est-à-dire la viabilité économique de marques de presse déficitaires. Pour les salariés, ces mesures apparaissent incohérentes et injustes. Incohérentes parce que la rédaction est affaiblie alors que se profile une actualité sportive hors du commun (J.O, Euro de foot, Coupe du monde de rugby, etc…). Injustes parce que la maison mère de L’Équipe, organisatrice du lucratif Tour de France, est riche. 

Un communiqué de l’intersyndicale daté du 30 octobre faisait état d’une année 2019 débouchant sur 57 millions d’euros de résultats nets et 11 millions d’euros de dividendes distribués aux actionnaires.

Amaury pouvait compter début 2020 sur un demi-milliard de trésorerie. Justement, fait valoir la direction, l’actionnaire aurait assumé son rôle en épongeant les pertes dues au Covid et celles dues à la faillite du système de distribution de la presse française. En revanche, pas question de laisser les journaux continuer à perdre structurellement de l’argent dans les années à venir. 

A ce titre, la direction avait proposé au printemps un « accord de performance collective », incluant une baisse de salaire de 10% et des jours de RTT en moins pour éviter les licenciements. Les salariés l’avaient rejeté en bloc, estimant que ce n’étaient pas « à eux » de financer la restructuration de l’entreprise. 

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