La presse anglaise rapporte que Youtube a supprimé des vidéos d’Adolf Hitler

Adolf Hitler
Adolf Hitler © Getty / Hulton Archive

Oui, mais l’émoi vient du fait que ces archives ont disparu de chaines YouTube conçues et animées par des universitaires, professeurs respectables et respectés. « Cachez ce dictateur qui crache son horreur des juifs que je ne saurais voir ». Soit. Comment, dès lors, enseigner l’Histoire et les images qui ont fait l’Histoire, si on ne peut plus les montrer ? Scott Allsop, diplômé de Cambridge, aujourd’hui chercheur en Roumanie, s’est posé la question. Sa chaîne YouTube, Mister Allsop History… 

Dans cet épisode, il analyse, films d’époque à l’appui, la façon dont le Führer apparaît toujours en public bardés d’hommes en uniforme. Or ces cours d’Histoire en ligne ont été, comme le raconte le Guardian, tout bonnement rayée du web pour « violation des règles interdisant le discours de haine ». Première victime collatérale des mesures annoncées par Youtube, filiale de Google, mercredi dernier et visant « spécifiquement les vidéos qui affirment la supériorité d'un groupe afin de justifier la discrimination, la ségrégation ou l'exclusion basées sur des critères d’âge, de genre, de race, de caste, de religion, d'orientation sexuelle. Cela inclurait, par exemple, des vidéos qui promeuvent ou glorifient l'idéologie nazie", précisait le blog de YouTube qui s’apprêtait à retirer les contenus "niant l'existence d'événements violents dont la réalité est avérée, comme l'Holocauste ou encore la (récente) fusillade de l'école Sandy Hook". 

Seulement voilà, qui en vient à nier la réalité ici ? YouTube lui-même puisqu’il ne permet plus de montrer Hitler ayant bel et bien existé. D’autres historiens britanniques se sont même publiquement demandés si cela ne relevait pas d’une forme de négationnisme découlant de la volonté de combattre… le négationnisme ! 

Bien sûr, YouTube a réparé sa bévue et a restauré la chaîne de Scott Allsop qui, par ailleurs, totalise 16 000 abonnées. C’est-à-dire pas grand-chose. Mais, loin d’être anecdotique, cette affaire rappelle que l’enfer est pavé de bonnes intentions, que 600 000 heures de vidéos sont mises en ligne chaque jour sur Youtube, que la plate-forme emploie seulement 10 000 modérateurs humains, chargés de filtrer vidéos et commentaires, que l’algorithme a donc les pleins pouvoirs et qu’il échoue à donner un sens aux images en fonction de leur contexte. 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.