France Soir, devenu un site à tendance lourdement complotiste a reçu, contre toute attente, un agrément du ministère de le Culture.

Le couple Lazareff, mythiques patrons de presse de l’après-guerre, a dû se retourner dans sa tombe. Hélène Lazareff a probablement sautillé six pieds sous terre. 

Le magazine féminin qu’elle a fondé, « Elle », a enfin reçu le label IPG. I-P-G : « Information politique et générale », le sigle n’est accordé qu’à la presse dite « généraliste ».

« Elle » s’enorgueillit d’entrer - ça lui avait toujours été refusé - dans le « club » des « Match », « Figaro », « Le Point », « L’Obs » et consort… C’est mérité, vu la variété de sujets qu’embrasse l’hebdomadaire féminin, allant du grand reportage à la critique littéraire, en passant par l’enquête ou les entretiens avec de personnalités de premiers plans. 

Donc, voici Hélène Lazareff qui rit. Et Pierre, alors, son mari ? Pierre Lazareff pleure.

En 1944, il lance « France soir », quotidien phare écoulant jusqu’à deux millions et demi d’exemplaires à la mort du général De Gaulle. Puis, le déclin. Les rachats successifs. L’arrêt du papier. Jusqu’à la reprise par un homme d’affaires, Xavier Azalbert, qui se débarrasse des derniers journalistes et ouvre le site à tous les vents de la tribune d’opinion. Une aubaine par temps de gilets jaunes, puis de pandémie. Toutes les colères, les soupçons, les conspirations, les appels à l’insurrection s’y déversent. Le nombre de vues augmentent en flèche. 

Le drame, c’est que ça s’appelle toujours « France Soir ». 

Pour un public âgé et populaire, ce grand n’importe quoi s’avère cautionné par un nom lié, dans le journalisme, à une grande tradition. Honteux.

Oui, on imagine déjà fulminer Lazareff. 

Mais comment expliquer que le ministère de la culture ait renouvelé l’agrément « Information politique et générale » à la scandaleuse tambouille qu’est devenu « France Soir » ?

Cette même commission a placé le « Elle » en période d’essai pendant un an pour être sûr que le magazine féminin qui interviewe Barack Obama ou l’historien Alain Corbin est digne de recevoir le tampon. Face à la dégringolade déontologique de « France Soir », pas de réaction ? 

Roselyne Bachelot entend rénover les critères de ces agréments qui conditionnent l'octroi d’aides à la presse. Il y a urgence. Et qu’on y ajoute, s’il vous plaît, la transparence. 

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