C'est toute une époque de l’Internet qui s’éteint : celle de la chasse au Wifi quand on était loin de chez soi…

Free Wifi
Free Wifi © Getty

Les consommateurs l’ont repéré, Xaviel Niel, patron du fournisseur d’accès Free, l’a confirmé. Le Free Wifi, c’est fini. Ce réseau communautaire public a dépanné tellement de gens, tellement d’étudiants en quête de connexion. On les voyait longer les trottoirs, rôder au pied des immeubles, tâtonner dans la ville, cherchant à détecter avec leur ordi portable ou leur téléphone une borne Wifi. On aurait dit des sourciers parcourant les champs jusqu’à ce que leurs baguettes de noisetier se mettent à vibrer…    

Terminé. Chacun chez soi désormais. Les nouvelles box de l’opérateur Free, ne permettront plus de partager le Wifi, c’est-à-dire l’internet sans fil. Elles ne seront plus ce que le jargon appelle des « hotspots », des points chauds, des sources émettrices pour des clients en vadrouille qui se connectaient volontiers à la box des autres. Cela avait un côté assez utopique, « fais tourner ton wifi, mon frère ».

Mais à quoi bon, aujourd’hui ? La 4G s’est tellement répandue en France que nos smartphones basculent sur Internet presque partout. Même Free, qui est le moins performant des opérateurs, couvre 86% du territoire. Dans les maisons où il n’y a pas de Wifi, on connecte ensemble ordinateur et téléphone portable pour que tous les appareils accèdent au Web. A se demander comment on faisait avant…

J’ai retrouvé une histoire datant d’avant, justement. On était en 2012 à Austin, Texas, où se déroule chaque année un gigantesque festival consacré à la musique, au ciné, mais aussi à tout le secteur de l’interactivité. A l‘époque, les festivaliers, des accrocs du Web, se trouvaient privés de connexion une fois sur place. Une agence de pub eut alors l’idée d’embaucher une kyrielle de SDF, transformés en bornes Wifi. Les sans-abris déambulaient avec des tee-shirts indiquant leur prénom et la mention « Hey, je suis un point d’accès ! ». Le cauchemar. Une sous-humanité reléguée au rang de support technologique. Ce fut un fiasco, bien sûr, mais qui disait déjà combien les opérateurs avaient créé un besoin : la connexion, dont on ne pourrait plus jamais se passer.    

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