Le réseau social tout en images, Instagram, teste aux Etats-Unis la fin du « like ». Pour les utilisateurs de l'appli et influenceurs, qu'est-ce que ça change ?

Ou la pression du like sur Instagram
Ou la pression du like sur Instagram © Getty / picture alliance

Tout. Les réseaux sociaux vous invitent à témoigner de votre approbation pour un texte, une photo, une vidéo à coup de pouces levés bien haut ou de petits cœurs rouges dont le total chiffré s’affiche au bas de la publication. Vous qui avez posté, plus vous êtes « likés », plus vous êtes gratifiés, enviés et admirés. Plus vous en redemandez. Le chiffre est ainsi devenu un score, et le score – espèce de validation de soi par les autres - s’est mué en obsession. Les réseaux sociaux, une quête, une course planétaire aux « j’aime ».

On a longtemps classé les actrices hollywoodiennes par leur nombre d’Oscars (et aussi par nombre de maris !). Puis on s’est dit qu’elles valaient autant que les acteurs, on les a classées par salaire. Aujourd’hui, c’est par nombre d’abonnés sur Instagram. Jennifer Anniston vient d’arriver sur le réseau. Première publication, une photo des comédiens de la série « Friends » autour d’elle. Paf, 15 millions de « likes » d’un coup. La presse du monde entier en a parlé.       

Un jour, Kylie Jenner, membre éminent d’un gang de starlettes (la famille Kardashian, très puissante sur les réseaux), poste la première photo de son bébé. Record. Le cliché comptabilise de 18 Millions de « like » sur Instagram. Un publicitaire riposte alors avec la photo d’un œuf lançant un défi aux internautes : faites que l’œuf batte Kylie. 53 millions de « like ». Drôle, absurde, symptomatique. Le nombre de « j’aime » compte plus que le contenu aimé. 

D’où un système complètement déviant. Plus un contenu est « liké », plus les algorithmes le placent en situation d’être vu et d’être « liké ». Dans le même temps, le fait de ne pas récolter de « like » est vécu comme un échec, pire, un rejet. La popularité dans les cours de recré se façonne sur les réseaux, à coup de statistiques pures et dures, des données chiffrées, comme autant de mini vedettes de télé accrocs à leur audience… Même un rappeur aussi colossalement influent que Kanye West en a fait un combat auprès des géants du Net : la pression du like, la peur de ne pas être « aimé » entrave et dénature l’expression sur les réseaux. 

Instagram, filiale de Facebook, réfléchit donc à masquer le compteur à « like ». Le patron de Twitter trouverait ça génial. Il a « liké » !!

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