Samedi, Laurent Bignolas, le présentateur de « Télématin » sur France 2 s’est permis une blague dont l’émission a tenu ensuite à s’excuser…

Laurent Bignolas
Laurent Bignolas © Nathalie Guyon / FTV

Une chroniqueuse arrive en plateau avec des séquences de nuées d’oiseaux sur lesquelles tout le monde s’extasie tellement c’est beau. Puis, elle expose le travail d’un chorégraphe qui place ses danseurs face à un miroir dans l’idée de démultiplier les mouvements de leurs bras et de reproduire ces murmurations célestes. Surprenant, gracieux, très efficace à l’image. Sauf que contemplant Sadeck Waff et sa troupe, Laurent Bignolas ne trouve qu’une chose à dire : « Une bonne idée pour tous ceux qui ont l’habitude de voler dans les magasins »… 

Malaise en plateau. Le nom de Sadeck Waff n’est pas cité à l’antenne, mais son visage dit évidemment ses origines maghrébines. Son travail aurait pu susciter mille commentaires : le mélange du hip hop et du « Lac des Cygnes », les influences de Nijinsky, de Lucinda Child ou des kaléidoscopes de notre enfance… Tout ce qu’on veut, mais pourquoi n’associer à la création de Sadeck Waff un qu’un mot valise inventé dans l’instant, la « chourographie » ? Pour tous ceux qui feraient mieux de danser que de chourer… Réaction ulcérée du chorégraphe sur Instagram…  

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Laurent Bignolas est parti en vacances, mais « Télématin » s’est « sincèrement » excusé, sur Twitter, pour ses propos « inappropriés » et « involontairement blessants ». Involontairement ? Probablement. L’animateur ne désigne pas directement le danseur. Seulement, il n’a rien à dire sur cette danse qui figure un vol d’oiseau, alors il tente une vanne sur les deux sens du mot « voler », à savoir planer et… piller. C’est drôle, sans le savoir, Bignolas saute à deux pieds dans un classique de la psychanalyse. « Je vole » signifie « je m’affranchis », mais aussi « je transgresse un interdit ». Voler est un signe de liberté ET de culpabilité.  

Or, c’est ce qui arrive en direct à Laurent Bignolas. Il s’autorise une légèreté et, ce faisant, commet une faute. Jetée au visage de Sadeck Waff, son histoire de « chourographie » sonne éminemment raciste. La psychanalyse appelle ça un « impensé ». 

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