C’est la première fois que des pirates IPTV sont jugés en France. Une pratique totalement illégale, punie de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Changement de programme à l’écran
Changement de programme à l’écran © Getty / d3sign

Vous connaissez l’IPTV ? « Internet Protocol Television » ? 

Venez voir dans mon quartier popu, des revendeurs qui affichent leurs offres en pleine rue, avec le logos des chaines piratées ! 

Moi, j’ai commencé à en entendre beaucoup parler en septembre dernier. Les fans de football étaient désespérés. Pour voir la Ligue des Champions, il fallait s’offrir RMC Sports ! S’ils étaient déjà abonnés à Canal+ et à Bein Sport, y en avait jusqu’à 60 euros par mois. Le foot, premier produit d’appel des offres pirates. Mais pas que.

« Game of Thrones ». Même France Inter vous en a rebattu les oreilles alors que la série était diffusée sur une chaîne à 12 euros par mois…

Bref, les types qui se sont fait arrêter, en janvier, proposaient l’accès à plus de 3000 chaines. C’est ça l’IPTV, une application sur smartphone ou un petit boitier qu’il faut acheter, pour une somme très modique, on peut tout voir en direct et en replay. Vous imaginez les succès et le manque à gagner pour les télés ? 

D’ailleurs, le magazine Challenge précise que la police a agi suite à une plainte d’Altice. Le groupe audiovisuel qui dépense 370 millions d’euros par an pour la Ligue des Champions. Quant à Mediapro, l’entreprise espagnole qui a raflé notre Ligue 1 pour 1 milliard d’euros par an, elle a l’intention de créer sa chaîne et elle aussi de se rembourser à coups d’abonnés. A force de voir les droits de retransmission grimper, fallait bien un jour voir le téléspectateur payer, on y est. Et à force de faire payer le téléspectateur, fallait bien un jour le voir rechigner, on y est. 

Le phénomène IPTV s’avère planétaire. Les pirates français, qui  avaient demandé à un footballeur du Stade Rennais de faire leur promo sur Facebook, s’approvisionnaient en Chine. Petite précision. Sur ce coup-là, les autorités ont traqué les revendeurs pas les acheteurs, dont le signal s’est éteint du jour au lendemain. Si c’est votre cas, soyez prudents. En droit européen, l’IPTV est la contrefaçon de la télévision. Or, consommer de la contrefaçon en connaissance de cause, relève du délit. Enfin, où croyez vous que va tout cet argent brassé par les achats de boîtiers et les souscriptions annuelles ? Dans les mains de mafias mondialisées, dont le masque n’est pas encore tombé.

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