Le mois du ramadan permet aux télévisions arabes d’enregistrer leurs plus grosses audiences de l’année.

Al Hayba - SE3 Noor Teaser
Al Hayba - SE3 Noor Teaser © capture d'écran de la vidéo YouTube

Période où l’on passe du temps à la maison, en famille, notamment au moment de l’iftar, le repas de rupture du jeune dont la télévision donne le départ en direct. Ainsi les chaînes arabes concoctent-elles une programmation ad hoc, bardée de publicités (les tarifs des écrans triplent pendant le ramadan). C’est à la fois le triomphe des grands classiques et la présentation des nouveautés. Le ramadan faisant office de rentrée télé dans le monde arabe. 

Chaque année, le hit, mais aussi le registre cathodique le plus critiqué, c’est la caméra cachée. Direction le Maroc, où la chaîne 2M enregistre des scores quasi soviétiques pendant le ramadan, trustant jusqu’à 75% de part d’audience. L’émission star s’appelle « Mchiti Fiha ». Là, au zoo, un type croit tomber dans la fosse aux crocodiles. Grosse frayeur… relativement bon enfant, mais sachez que l’équivalent de notre CSA, la presse, l’opinion publique ou bien les autorités religieuses sifflent régulièrement les dérives inacceptables de ces caméras cachées parfois très stupides et très ravageuses. 

Plus consensuelle, la cuisine et sa superstar, Choumicha. Le monde arabe en est dingue amoureux. Elle officiait l’année dernière sur une chaîne algérienne, elle a été nommée ambassadrice du Maghreb culinaire sur CNN, elle a fait son grand retour sur 2M avec un tajine de bœuf aux fèves.

Les livres de recettes de Choumicha sont aussi des best-sellers… 

Enfin, qui dit "ramadan", dit "folie des séries télé". 

Longtemps les feuilletons égyptiens jouissaient d’un quasi monopole sur le marché de la fiction arabe. Mais les productions syriennes et les pays du Golf arrivent en force. Saison 3, hyper attendue de « Al Hayba », le blockbuster libano-syrien diffusé par la chaîne panarabe MBC. 

Ce pic de consommation cathodique marque un monde arabe beaucoup plus replié sur l’intérieur du foyer que ne le veut la tradition après le coucher du soleil. Toutefois, les diffusions satellitaires et aujourd’hui numériques offrent en partage ces émissions, divertissements et séries du ramadan à toutes les diasporas qui les regardent de part le monde. Comme un lien non pas cultuel, mais culturel que la télévision permet de reforger avec sa société d’origine, au moment du ramadan

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