L’armistice se signait il y a 100 ans, mais qu’est devenue la presse française après la guerre ?

Kiosque à journaux de 1932, présentant déjà tout l'éventail de la presse moderne : journaux à forte titraille et photographies, et magazines de presse.
Kiosque à journaux de 1932, présentant déjà tout l'éventail de la presse moderne : journaux à forte titraille et photographies, et magazines de presse. © Getty / Keystone-France\Gamma-Rapho

Après 1918 va s’amorcer un mouvement de modernisation sans précédent. Le nombre de quotidiens parisiens a fondu comme une peau de chagrin. Mais l’imprimé demeure le média majeur. Lapremière émission de radio a eu lieu en 1921 et la première émission de télévision en 1935. Mais ce sont les journaux qui orchestrent la révolution de l’information. 

Les grands titres d’avant-guerre sont réunis en consortium. Ils font alliance avec Havas pour contrôler le marché publicitaire et étouffer les nouveaux concurrents. Peine perdue. Succès météorique de L’Intransigeant dont le surtitre était « Le plus fort tirage des journaux du soir du monde entier » ! Mieux, l’homme qui changea définitivement la face de la presse écrite fourbissait ses armes politiques dans l’ombre. Un industriel du Nord, Jean Prouvost, rachète Paris Soir, né en 1923. Les Unes du quotidien deviennent des affiches couvertes par une titraille énorme et des photos

Après-guerre, en effet, la photographie change de statut, donc de langage. Naissance de Vu et de ses « reportages illustrés d’informations mondiales ». Naissance du Détective de Georges Kessel, ses textes signés Mac Orlan, Paul Moran et ses clichés terriblement inquiétants. Enfin, naissance de Paris Match, que le même Jean Prouvost a racheté. Sa maquette s’inspire du Life américain. La photo, encore la photo. La presse magazine moderne vient de s’imposer en France.

Des revues de jazz et de cinéma, des bijoux à petits tirages avec les clichés de Man Ray, grand nom du surréalisme. Un magazine spécialisé paraît dès 1928, titré La Télévision, afin que les amateurs de la transmission d’image puissent « se tenir prêts » pour le jour où ce sera techniquement possible. Dès 1922, Lucien Vogel, l’homme qui a fait Vu, invente Le Jardin des modes et avec cette revue mythique, tous les codes de la presse féminine. Quant à Jean Prouvost, il ne s’arrête plus. Il lance, dans les années 1930, Marie Claire. Pour la première fois, un visage de femme prend la couverture à la place des dessins ou modèles de mode. Quand éclatera la Seconde guerre mondiale, tous les outils de la presse d’aujourd’hui sont déjà réunis.

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