La série américaine "Andi Mack" opère une petite révolution culturelle : incroyable mais vrai, il y a désormais un petit gay dans une série Disney Channel.

Un personnage de Disney Channel fait son coming-out ! (capture d'écran @andimacktv)
Un personnage de Disney Channel fait son coming-out ! (capture d'écran @andimacktv)

Il s’agit d’un soap pour teeagers : les aventures trépidantes d’une petite collégienne d’origine asiatique et de ses camarades, chacun issu d’une minorité, comme il se doit à la télévision américaine. 

Parmi eux, Cyrus, garçonnet encore un peu rondouillard l’année dernière, qui confie à son amie Buffy…  un penchant homosexuel : « Je me sens bizarre, je me sens différent… » 

Réponse de la copine après, je pense, énorme surchauffe des scénaristes : « Cyrus, t’a toujours été bizarre, mais tu n’es pas différent ». 

Incroyable mais vrai, il y a un petit gay dans une série Disney Channel. Ça existait depuis belle lurette chez les lycéens fictifs de Glee sur la Fox. Mais là, le gosse a douze ans, c'est un Disney Kid, un enfant-produit de la firme, un enfant marketé, un enfant-étendard du bonheur acidulé et aseptisé, un enfant mondialisé. Bref, l’évocation fut furtive, mais chez Disney, les modèles ont changé. 

Encore fallait-il l’assumer. Saison 3, c’est chose faite il y a pile une semaine aux Etats-Unis. Cyrus a grandi, il a minci. Il reçoit ses amis à un repas de famille chez ses parents. Dans la cuisine, kippa sur la tête, il décrit les plats, bagels traditionnels, Gefilte fish et… coming out. « Je suis gay ». 

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Alors, pour ce qui est de l’association avec le Gefilte fish, la carpe farcie, je crois que les scénaristes de chez Disney ne savent tellement plus où ils habitent, qu’ils sont partis chez Woody Allen et qu’ils ne sont pas revenus. 

En attendant, des millions d’enfants leurs disent merci. Tous ceux qui depuis 1955, Les Aventures de Spin and Marty, suivies des Hardy Boys, se sentent « bizarres et surtout différents » de ces enfants cathodiques dominants. Merci aussi pour la cohorte d’acteurs juniors employés par la firme. 

L’expérience a montré qu’à leur faire jouer des enfants parfaits, ils ont fabriqué des bombes à retardement. Confère Britney Spears, Miley Cyrus, et autres Lindsay Lohan qui ont soldé le mirage Disney à coup d’alcool, drogue, dépression et bouffée délirante dans les magazines people. Eux aussi, ça les aurait aidés à grandir de pouvoir dire « I am what I am » à l’écran. 

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