Une nouvelle chaîne d’info est née hier soir en Grande-Bretagne. Entièrement dédiée aux questions d’opinion, elle apparaît déjà comme une future Fox News à l’anglaise. Son nom ? GB News.

Capture écran du site internet de GB news la nouvelle chaîne d'opinion anglaise
Capture écran du site internet de GB news la nouvelle chaîne d'opinion anglaise © GB news

GB comme Great Britain. Tous les visuels de la chaine déclinent d’ailleurs le bleu-blanc-rouge de l’Union Jack, le drapeau du Royaume-Uni. Ses actionnaires ? Un groupe américain, Discovery, un multi-millionnaire anglais pro-Brexit et d’anciens trésoriers du parti conservateur. 

Son président ? Andrew Neil, 72 ans, mastodonte de l’interview politique outre-Manche. 

Il arrive de la BBC où son show faisait la pluie et le beau temps. Andrew Neil, le barbon fumasse contre son époque qu’il estime tyrannique et bien-pensante. Dans son émission du soir sur GB News, il consacrera des séquences de « vigie » aux « dérives du politiquement correct » et aux « préjugés qui gouvernent la parole médiatique ». 

Avant d’être un ténor de la BBC, Andrew Neil fut, en Angleterre, l’homme de Rupert Murdoch, milliardaire australo-américain, ultra-libéral, férocement anti-européen

Aux US, Murdoch a fondé Fox News, la chaîne d’info alliée de Trump. En Grande-Bretagne, Murdoch a régné sur la presse et autrefois, sur la télévision. Dans les années 90, Andrew Neil dirigeait le « Sunday Times » qui appartenait à Murdoch. Ensemble, ils ont émaillé la vie anglaise de scandales savamment orchestrés. Les deux hommes ont rompu voici des années, mais outre-Manche, on ne peut pas s’empêcher de déceler chez Andrew Neil lançant GB News les méthodes de Murdoch lançant Fox News. 

Même si Andrew Neil et la kyrielle de pointures de télé qui le rejoignent sur GB News se défendent d’adopter une ligne éditoriale de droite

Ils se veulent plutôt une « réponse » à ce qu’ils qualifient de « médias de l’establishment ». Autre différence majeure : Fox News alterne les tranches d’info et les programmes d’opinion présentés par des animateurs-prédicateurs. Elle s’appuie sur une rédaction puissante et de haut niveau, au plus près du terrain aux États-Unis et dans le monde. GB News passe, elle, directement à la case talk-show. Pas de journaux, uniquement de l’analyse, des éditorialistes, des discussions, des interviews, des débats. Une chaîne d’information, sans information. Ou comment l’opinion se suffit médiatiquement à elle-même, rendant caduque, inopérante, la couverture des faits. Vous voyez le tableau ? 

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