Les médias affrontent le labyrinthique comptage du temps de parole des candidats à l’élection européenne.

Avec 34 listes, à trois semaines des élections, le décompte du temps de parole devient un véritable enfer...
Avec 34 listes, à trois semaines des élections, le décompte du temps de parole devient un véritable enfer... © Getty / smartboy10

Rien qu’à France Télévisions, cela mobilise huit personnes. 

Hier, démarrait la campagne dite « officielle ». 28 télévisions et radios minutées à la calculette. Le CSA veille au grain. 

Attention, son comptage ne vaut ni pour les médias numériques, ni pour la presse écrite

Le quotidien gratuit CNews peut tranquillement titrer en Une, hier, Deux semaines pour convaincre avec les visages de Nathalie Loiseau, François Xavier Bellamy et Jordan Bardella, donnant ainsi le choix entre le centre-droit, la droite et l’extrême droite. Un journal a cette entière liberté-là. 

Pour les médias régulés, c’est le principe de l’équité qui prévaut

On l’aime, celui-là. Il date d’il y a moins de deux ans. Exit le mot « égalité ». Fini, depuis l’élection de Macron, les vieilles notions de majorité et d’opposition. L’équité, donc, repose sur un savant calcul qui prend en compte les résultats aux récentes élections, le nombre d’élus nationaux et européens, les groupes parlementaires, la contribution au débat public… Très bien, sauf qu’à trois semaines du scrutin, les médias ont découvert 33 listes. L’enfer. Et même depuis vendredi, avec l’Union des démocrates musulmans français, ça fait 34. Mais nos antennes ne sont pas extensibles à loisir !! Début avril, France 2 voulait un débat à 7 candidats mais finit à 12. Benoit Hamon avait forcé l’invitation grâce à un tribunal administratif, déjugé ensuite par le Conseil d’Etat. Pataquès. 

Prochain raout de la 2 : prime time dévolu aux listes les plus importantes, seconde partie à une dizaine d’autres dont Benoît Hamon qui s’énerve encore : 

les médias participent du brouillage de l’élection, alimentent le dégoût de la politique, cherchent à étouffer toute pensée novatrice… 

Ah bon. 

On est tous pour le pluralisme de la vie politique française. Tous pour que les médias n’exposent pas que les gros candidats. Mais à 34 listes, comment faire ? Le système, parfaitement intenable, vire à l’absurde. 

Aujourd’hui, commence la diffusion des spots officiels sur les chaînes publiques

Le CSA a donné trois minutes à chacun des 34 candidats, plus de deux heures à partager en fonction du nombre d’élus, plus 1h30 qui prennent en compte les sondages et les scores aux précédents scrutins. Gros jus de crâne. 

Or, même le Conseil d’Etat a dit que ces clips-là ne servaient plus à grand-chose. 

Alors, on casse (encore) tout et on recommence ?      

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