Le Conseil d'Etat a condamné le CSA à verser 1,1 million d'euros à la chaine C8, sur laquelle officie Cyril Hanouna

Cyril Hanouna, animateur vedette de la chaîne C8
Cyril Hanouna, animateur vedette de la chaîne C8 © AFP / Christophe Ena / POOL / AFP

C'est une victoire pour le groupe Canal+ qui réclame dédommagement depuis trois ans. Novembre 2016. Hanouna piège son chroniqueur Mathieu Delormeau, lui faisant croire qu’il a buté un mec. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel est saisi par des téléspectateurs éberlués. Sanction : la chaine sera privée de publicité pendant une semaine, y compris les quarts d’heures qui précèdent et suivent l’émission. Sauf que la chaine saisit le Conseil d’Etat et obtient raison. La séquence ne s’avèrerait ni dégradante, ni humiliante pour le chroniqueur. 

C8 évalue son préjudice à 4 millions d’euros. Le Conseil d’Etat solde l’affaire à 1,1 million. Rassurant, le CSA affirme avoir provisionné ce remboursement sur son budget. Vous avez bien compris : c’est le contribuable qui va payer pour arrondir les fins de mois du Canal Hanouna. D’autant plus cruel comme utilisation de l’argent public que cette année le gouvernement baisse la redevance et retire des subsides à l’audiovisuel public. 

Comment en est-on arrivé là ? Cette sanction rayée par le Conseil d’Etat a été décidé du temps de l’ancien président du CSA, Olivier Schrameck. Le mandat de celui-ci a coïncidé avec la montée en puissance de Cyril Hanouna, une roue libre télévisuelle défiant soir après soir notre le seuil de tolérance et les règles édictées par l’autorité. Le ton est monté. L’animateur n’a pas obtempéré. La punition a fini par tomber : celle qui a été annulée, mais aussi quinze jours sans pub à la suite d’un geste à caractère sexuel, plus trois millions d’euros suite à un sketch jugé homophobe. Le coup de massue ? Allons… A l’annonce de chaque sentence, Cyril Hanouna en rajoutait encore dans la provocation. 

Le président du CSA, la tête de Turc d’un animateur, ouvertement et tout le temps ridiculisé à l’antenne. Du jamais vu à la télévision française. L’histoire retiendra que cela a quand même coûté très cher à la chaine C8 lourdement déficitaire. Mais elle se souviendra aussi qu’Olivier Schrameck s’était déjà fait désavouer une fois par le Conseil d’Etat avant le cas Hanouna. Un autre dossier, celui de la chaine Numéro 23. Deux claques du Conseil d’Etat. Sur un bilan, ça laisse la joue aussi rouge que les vannes d’Hanouna.    

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