La guerre des clips de campagnes se poursuit aux Etats-Unis. Les Démocrates accusent maintenant Facebook de soutenir Donald Trump.

Tout est parti, je vous l’ai raconté ici, d’une publicité politique tournée par les Républicains dans laquelle Donald Trump accuse Joe Biden – son potentiel rival démocrate – de corruption. Et il ajoute, lorsque « moi, président, je demande à l’Ukraine de faire la lumière, les Démocrates demandent à me destituer ».

Acte 1 : CNN décide – c’est rare – de ne pas diffuser ce clip l’estimant diffamant envers Joe Biden et aussi, au passage, envers des journalistes de la chaîne qui sont mentionnés dedans comme "chienchiens" des Démocrates. 

Acte 2 : Joe Biden exige de Facebook que le réseau social supprime cette publicité politique qui, selon lui, est un tissu de contre-vérités. Or, Facebook refuse de toucher au discours d’un homme politique. Alors que sa responsabilité est clairement établie dans la propagation de fausses informations durant la campagne de 2016, Facebook invoque la liberté d’expression, explique qu’un discours politique est suffisamment passé au crible par les journalistes de tous bords pour ne pas qu’un réseau social prenne la responsabilité de s’en mêler. D’ailleurs, ce type de publicité politique, quoiqu’elle raconte, n’entre même pas dans le programme de vérification des faits de Facebook. 

Acte 3 : Elisabeth Warren – autre candidate potentielle à la présidentielle côté démocrate – voit rouge. Elle s’offre un encart sponsorisé sur Facebook et annonce « Breaking News : Facebook vient juste de prendre officiellement parti pour la ré-élection de Donald Trump ». Et Elisabeth Warren d’expliquer que Facebook en ne supprimant pas ce clip mensonger vient de faire un chèque en blanc à Donald Trump pour qu’il continue de mentir ouvertement.   

Bref, le scrutin présidentiel américain aura lieu dans 13 mois. La question n’est pas évidemment pas celle de l’outrance et du dénigrement, ingrédients vieux comme la publicité politique aux Etats-Unis, mais celle, encore une fois, de la puissance de Facebook au fonctionnement duquel l’administration Trump n’est pas pressée de toucher. Elle lui doit, en partie, le pouvoir. Alors que les Démocrates, et particulièrement Elisabeth Warren, piaffent d’arriver aux affaires pour réguler le réseau social, voire même le démanteler. D’ici là, chacun des choix de Facebook sera scruté et interprété. 

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