Vivendi, la maison mère de Canal+, veut racheter « Géo », « Femme actuelle », « Capital », « Télé Loisirs » et « Gala ».

Vincent Bolloré
Vincent Bolloré © Getty

En fait, Vivendi veut racheter le premier groupe de presse magazine en France, Prisma. La presse magazine s’avère le secteur des médias qui a le plus changé de mains ces dernières années.  

Leçon numéro 1 : les grands acteurs étrangers quittent la France les uns après les autres. L’Anglais EMAP éditeur de Biba et le Belge Roularta, ancien propriétaire de L’Express, sont partis depuis longtemps. L’Américain Condé Nast a fermé Glamour, et réduit la voilure. Le géant Italien Mondadori a vendu tous ses titres dont Grazia et Science & vie. Au tour de l’Allemand Prisma de plier bagage. Dans les années 80, pourtant, lorsqu’Axel Ganz quitta Hambourg pour Paris, il fut surnommé « le tigre de papier ». Il réinventa la presse magazine populaire, avec ses couv’ pleines de rouge, de jaune, ses titres qui tapent et ses petits prix. 

Leçon numéro 2 : il est loin l’âge d’or de la presse magazine française. Effarante destruction de valeur. Qui aurait pu imaginer que la longue liste des titres vendus récemment (auxquels il faut ajouter Elle, Télé 7 jours et Version Femina cédés par Lagardère) soient ainsi bradés ?

Leçon numéro 3 : les nouveaux patrons de presse ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Les titres de Mondadori ont été récupérés par des entrepreneurs français, Reworld Media, qui y opèrent une révolution numérique à la hache. Cf mon édito d’hier. Alors que les magazines de Lagardère ont été avalés par un milliardaire tchèque inconnu. Surprise, suspicion… Et bien, il semble se révéler un actionnaire fiable et à l’écoute. Et Vivendi, alors, quel genre de nouveau propriétaire sera-t-il ? Un propriétaire qui s’y connait. Vivendi est présidé par un certain Arnaud de Puyfontaine qui a été le dirigeant d’EMAP, grand pôle de presse magazine en France au début des années 2000…

Une question pour terminer : pourquoi diable Arnaud Puyfontaine, qui a liquidé EMAP en 2006, s’embarrasse-t-il à racheter de la presse mag ? Parce que Vivendi est implanté dans l’audiovisuel avec Canal+, C8, CNews, implanté dans le cinéma, implanté dans le livre avec 49 maisons d’édition, la musique avec Universal et les salles de spectacle. Or, toute la stratégie du groupe consiste à mettre ses médias au service des films, des disques et des concerts qu’il produit. Quand ce n’est pas au service des intérêts idéologiques ou économiques de son actionnaire, Vincent Bolloré. Ca, c’est arrivé, mais c’est encore un autre dossier !

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