Claude Perdriel avait vendu son groupe de presse à Renault. A 92 ans, il le rachète et reprend son indépendance.

Claude Perdriel (ici en 2015)
Claude Perdriel (ici en 2015) © AFP / Joël Saget

Le groupe s’articule autour de son titre phare, Challenges, auquel s’ajoutent Historia, Science et Avenir ou encore La Recherche

Pourquoi Renault ? 

Le rachat, en décembre 2017, avait cloué sur place le monde de la presse comme celui de l’automobile. Parce que, bientôt, mieux que les voitures connectées, vont arriver des véhicules autonomes dans lesquels les conducteurs n’auront plus rien à faire ni à penser. Traduction, cela va libérer du temps de cerveau disponible chez des milliards d’automobilistes dans le monde. Temps de cerveau convoité par tout ce que notre planète compte de concepteurs de services, de producteurs de son, d’images et de texte.  

En s’offrant 40%, puis l’année dernière 5% supplémentaires, des journaux de Perdriel, Carlos Ghosn, alors patron de Renault, pensait inclure le groupe de presse dans un vaste projet de productions médias dont des podcasts, des émissions à écouter sur le web dans des voitures qui n’auront bientôt même plus d’autoradio. Renault aurait ainsi fabriqué la voiture et ce qu’elle vous offre à lire ou à écouter…

Claude Perdriel, nonagénaire aujourd’hui, allait-il pour autant brader et abandonner Challenges ? 

... comme il se débarrassa littéralement, en 2014, du Nouvel Observateur dont il fut le fondateur ? Non.

D’ailleurs, l’équipe post-Ghosn montrant de moins en moins d’appétit pour des investissements médias et pour des journaux qui continuent de perdre de l’argent, Claude Perdriel a repris ses billes. Et hop, 6 millions d’euros de sa poche.  

L’homme a gagné beaucoup de sous avec les Sanibroyeurs SFA, mais il en a dépensé énormément dans la presse. Dans les années 1970, en plus de L’Obs, il voulut racheter France Soir, Giscard ne l’a pas laissé faire. 

Claude Perdriel créa Le Matin de Paris qui finit en faillite. Après la victoire de la gauche, pour laquel Le Nouvel Observateur avait activement militée, l’hebdo s’épuisa et s’écroula financièrement, en 1981. Réponse de Claude Perdriel : 

Face à une crise, si on économise, on s’enfonce. C’est quand on n’a plus rien qu’il faut investir.

Mendèsiste d’origine, puis suppôt mitterrandien, Claude Perdriel s’accommode aujourd’hui très bien du credo macroniste. Ce qu’il a gardé de sa génération ? Une confiance en l’avenir doublée d’une foi dans le papier. Tout ce que ma génération a abandonné.  

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