Les élections législatives ont exacerbé les tensions entre le pouvoir algérien et la presse. La chaîne d’info France 24 se voit retirer son accréditation.

Les élections législatives ont exacerbé les tensions entre le pouvoir algérien et la presse. La chaîne d’info France 24 se voit retirer son accréditation
Les élections législatives ont exacerbé les tensions entre le pouvoir algérien et la presse. La chaîne d’info France 24 se voit retirer son accréditation © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Ces élections ont mis les dirigeants sur les dents. Rien que la semaine dernière, le président algérien a fait ajouter par ordonnance deux dispositions au Code pénal, visant à renforcer le système juridique en matière de terrorisme. L’étau se resserre autour des journalistes sans cesse suspectés d’attenter à la sûreté de l’Etat. Le même jour, trois journalistes ont été interpellés, détenus une trentaine d’heures dans une caserne et interrogés pour des motifs qu’ils ignorent. Parmi eux, un symbole que le pouvoir algérien continue de prendre pour cible malgré une mobilisation internationale. Je veux parler de Khaled Drareni, déjà condamné à deux ans de prison, mais relâché en février dernier.

C’est dans ce contexte d’arrestations arbitraires et de machine à broyer judicaire qu’a eu lieu le scrutin de samedi. France 24 a couvert, comme il se doit, l’élection

La chaine d’info française dispose d’un bureau trilingue (arabe, français, anglais) dans la capitale algérienne. Elle est première chaîne d’info internationale au Maghreb, plus regardée en Algérie que CNN, la BBC ou Al-Jazeera. Néanmoins, les contraintes administratives algériennes font que France 24 ne s’y est implantée qu’en 2018. Depuis, elle a souvent eu maille à partir avec la bureaucratie locale qui met un temps fou à délivrer les accréditations, n’accorde que des accréditations provisoires ou des accréditations définitives valables seulement un an qu’elle menace ensuite de retirer en cours de validité. Là, pour la première fois, c’est fait. Même si rien n’a été notifié à France 24 qui l’a appris par voie de presse, dimanche, au lendemain de l’élection.  

Sur les réseaux sociaux, la chaîne est accusée (par qui ? C’est volontairement flou) d’avoir interviewé par téléphone, en arabe, une figure mettant en cause les taux de participation annoncés par le ministère de l’Intérieur. 

Dans sa couverture de l’élection, France 24 a entre autre, fait entendre le président algérien, un militant du Hirak, mouvement de révolte des jeunes, qui accusait France 24 d’être un suppôt du pouvoir et même, un porte-parole du Front Polissario, un mouvement politique né d’un conflit armé au Sahara. Il n’empêche, la chaîne est accusé de « désinformation, manipulation et agressivité avérée à l’égard de l’Etat ».

Après les évènements de la semaine précédente, on comprendra qu’exercer sans accréditation revient à faire courir un risque énorme aux journalistes sur place, d’autant qu’un correspondant et un caméraman de de France 24 ont déjà effectué 24 heures de préventives l’été dernier.

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